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CINEMED 2009


Une saison turque, IIe partie

Dervis ZAIM qui nous a raconté l’histoire du peintre miniaturiste Eflatun ( cf notre chronique n°1) nous annonçait son prochain film sue le thème cette fois de l’art de l’arabesque continuant ainsi son désir de sensibiliser ses concitoyens à la nécessité de se nourrir de culture et de beauté face à ce qu’il appelle lui-même le « bombardement » de la télévision populaire.

Un univers populaire qu’il ne méprise pas pour autant et dont il rend compte avec émotion dans un film antérieur Soubresaut dans un cercueil qui nous conduit dans les bas fonds de la misère. Un clochard, plutot sinistre mais tendre, expert en rapt de voitures, vole dans un parc un paon à la queue éblouissante pour sa beauté. Mais la faim lui en fera capturer un second … pour l’embrocher !

Reha ERDER est l’autre grand nom du nouveau Cinéma turc. Des temps et des vents (2006) est un bel hymne en l’honneur d’un petit village pauvre où les enfants sont soumis aux dures lois des adultes mais sont poètes. Naissances et enterrements sont rythmés par la prière très présente de l’imam et l’enseignement de l’institutrice. Oiseaux et chèvres peuplent cette terre de garrigues léchée par une mer étincelante. La photographie et l’orchestre à cordes enrobent ce beau poème.

My only Sunshine ( 2008 ) est d’une toute autre facture. Hayat, une gamine de 14 ans , est une sorte d’autiste, apparemment indifférente au monde dur qui l’enferme et l’empêche de grandir. Privée d’affection parentale elle doit entretenir la maison et soigner un grand-père asthmatique et tyrannique .Elle a son jardin secret, un univers de buissons anarchiques autour d’une baraque en planches où son père reçoit des filles. Un père, en principe pêcheur, qui pratique surtout le commerce de l’alcool et des putains avec les marins de passage à Istanboul. Ce qui donne au film cette autre dimension : l’immense baie du Bosphore dans laquelle notre homme contourne dans sa petite barque à moteurs d’énormes bateaux en rade pour leur apporter les fruits de son commerce. Ainsi se mêle,à la monstruosité de ces humains sans pitié, celle de ces machines qu’ils fabriquent ! Mais le dernier plan sera, enfin, le premier sourire de Hayat que lui permet ce jeune garçon amoureux et respectueux qui lui tournait autour depuis si longtemps. Un très grand film.

Jean Domon

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