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La Mostra de Venise 2012

Les critiques de Ciné-Feuilles 665, sept.2012

Les articles publiés dans le numéro 665 de la revue suisse Ciné-Feuilles ont été mises à la disposition du site de Pro-Fil pour être accessibles à un plus large public. Que nos amis suisses en soient chaleureusement remerciés.

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Edito : A bien y regarder

L’espoir n’était pas au rendez-vous de la plupart des films présentés lors de la 69e Mostra de Venise.  Le couple peine à inscrire ses enchantements dans la durée et à ne pas laisser la trahison s’installer, la nature n’en peut plus de ce que l’homme lui fait subir et se révolte, les vieilles blessures, mal cicatrisées, s’infectent et déclenchent le pire, individuellement ou collectivement, le fondamentalisme ou l’intégrisme enferment au lieu de libérer… Les cinéastes expriment sans détour les peurs et les angoisses du temps présent qui sait ce dont il ne veut plus, mais qui semble ne pas avoir encore trouvé ce qui donnerait sens et élan à de nouveaux projets de société. C’est qu’à l’évidence, la confiance dont bénéficiaient les institutions, qu’elles soient politiques ou religieuses, n’est plus de mise et qu’ « I have a dream » est une expression qui appartient désormais à l’histoire. Aussi, le désenchantement du monde est-il bien présent dans la majorité des fictions proposées, de quelque horizon qu’elles proviennent. Et même si Kim Ki-duk avec sa PIETA dénonce à sa manière « l’argent comme début et fin de toute chose », il n’est pas sûr que ce message-là sera reçu, pas plus que ne seront entendus les avertissements des réalisateurs belges de LA CINQUIEME SAISON, proférés à la manière des prophètes de malheur.
Certes, Terence Malik continue avec TO THE WONDER à suggérer quelque présence divine, mais les discours retors d’un MASTER (maître) poursuivent leurs œuvres manipulatrices en faisant croire à la guérison de toute souffrance. Fort ténus sont donc les rais de lumière annonçant des valeurs autres qu’économiques. Mais les œuvres proposées n’en restent pas moins fortes. A ce titre-là, les cinéastes ont rempli leur contrat, ils ont affronté le monde tel qu’il est et non tel qu’ils le rêvent pour faire voir les funestes réalités qui aveuglent et paralysent trop souvent. C’est donc maintenant à chaque spectateur d’assumer ses propres responsabilités et de ne pas considérer leurs œuvres comme de simples divertissements. Il s’agit au contraire de recevoir ces films au-delà de leur qualité artistique et de capter le mouvement essentiel qu’ils dessinent, chacun à leur manière. Pour que la réalité ne fasse pas écran à l’engagement.

Serge Molla  

Liste des films traités

parmi les films présentés
  • en compétition (C),
  • dans la sélection Orizzonti (O)
  • et hors compétition (HC)
  • et un documentaire