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Festival de Berlin 2018

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Emily Atef © Jessica Backhaus


Réalisation et scénario : Emily Atef
Caméra :Thomas W. Kiennast

Avec :
Marie Bäumer (Romy Schneider), Birgit Minichmayr (Hilde), Charly Hübner, Robert Gwisdek, Denis Lavant, Yann Grouhel, Christopher Buchholz, Vicky Krieps, Vincent Furic, Loïc Baylacq

Emily Atef
Née à Berlin en 1973, d’origine franco-irano-germanique, la réalisatrice grandit à Berlin, Los Angeles et Paris avant de travailler au théâtre à Londres. En 2001 elle commence des études de cinéma à l’Académie du Film allemand. Depuis, elle enchaîne régulièrement des films, souvent primés.

Filmographie :
2005 Molly’s Way, primé au festival de Munich
2008 L’étranger en moi (Das Fremde in mir), maintes fois primés
2012 Tue-moi (Töte mich) également primé
2015 Königin der Nacht (Queen of the Night);
Puis deux films télé en 2016 et 2017

3 jours à Quibéron

d’Emily Atef, Allemagne, Autriche,France 2018, 115 min, Compétition officielle Berlin 2018

Marie Bäumer © Rohfilm Factory Prokino Peter Hartwig

Romy rit et Romy pleure. Romy au fond du lit, Romy saute comme une gazelle sur les rochers. Romy au fond du trou, Romy pleine de vie. Romy en cure de désintoxication, Romy qui se saoule au champagne et fume une cigarette après l’autre.

Un portrait extrêmement sensible de l’artiste – qui dit d’elle-même qu’elle a 42 ans et qu’elle est malheureuse - reconstruisant les fameuses photos de Robert Lebeck, leur donnant quasiment vie, ce qui justifie le noir et blanc et nous plonge au début des années 1980.

Marie Bäumer incarne Romy de manière parfaite et nous permet de partager ce moment difficile de la vie de l’actrice, entre génie et incapacité à gérer sa vie privée, entre adoration du public et exécration dans la presse allemande.

Au-delà du portrait, Emily Atef pose la question de la responsabilité de la presse. Robert Gwisdek qui joue le journaliste, a dit lors de la conférence de presse qu’autrefois les interviews allaient plus profond qu’aujourd’hui. Son personnage, Michael Jürgs, cherchait par ses provocations à pousser Romy dans ses dernier retranchements, mais, toujours selon Robert Gwisdek, il partait du principe que Romy était une femme adulte qui aurait pu dire stop si elle avait voulu. Le pouvait-elle ?

Marie Bäumle dit lors de la conférence de presse qu’elle soupçonne que Romy n’avait pas de sur-moi, qu’elle était restée dans une forme de naïveté infantile sans filtre, ce qui ne lui a pas permis de garder une certaine distance envers ce que signifiait sa profession et de revenir, entre les rôles, vers un pôle de stabilité qui redonne de la force. Au moment que le film décrit, elle ne pouvait pas compter sur un tel chez soi stable, alors que c’était son plus grand désir - peut-être parce qu’elle a commencé à jouer très tôt et qu’elle n’a jamais eu un environnement qui l’aurait protégée du monde du faux-semblant et de la gloire.

Dans le film, le journaliste dit à un moment : « Vous êtes soit très timide et introvertie, soit vous vous donnez toute entière au monde entier. » Et au final, Romy et Michael Jürgs sont restés en contact et il a écrit plus tard un livre sur elle.

Les personnages dans leur ensemble sont très proches de ceux qu’ils incarnent, la seule figure fictive étant l’amie, Hilde, jouée par Birgit Minichmayr (Maria dans La grâce de Mathias Glasner). Cette amie a existé, mais souhaitait rester anonyme, si bien qu’Emilie Atef avait toute liberté de créer un personnage qui incarne un peu le rôle qu’elle-même, ou le public, aurait pu aimer jouer auprès de Romy, pour essayer de la protéger contre ses propres démons.

Mais le film termine sur une note optimiste : dans son appartement à Paris, elle prend du repos, elle est heureuse avec sa petite fille. Malheureusement, la biographie ultérieure de Romy ne donnera pas raison à cette note d'espoir.

Un film sensible et touchant qui, bien au-delà du portrait de Romy, nous fait toucher du doigt des questions essentielles : comment faire face ? quels choix prendre ? jusqu’où sommes-nous libres de nos destins ?

Synopsis : Les photographies de Romy Schneider prises par Robert Lebeck sont mondialement connues. Elles prennent sur le vif la nature contradictoire de l’actrice, son exubérance, sa mélancolie et sa peine. Quand Michael Jürgs vient à Quibéron en 1981 pour interviewer Romy pour le Stern – malgré ses récentes mésaventures avec la presse allemande - c’est Lebeck qui prend les photos. L’actrice y est en cure avec son amie Hilde. L’interview et les photos en noir et blanc forment la trame de ce film qui capte l’atmosphère spéciale de ces trois jours où Romy a ouvert son âme jusqu’au point de rupture. Hilde désespère en cherchant à protéger son amie du journaliste cynique qui exploite son désarmante honnêteté. Les photos de Lebeck montrent le portrait d’une actrice et d’une femme qui se donne toute entière.

Waltraud Verlaguet

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