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Festival de Locarno 2018

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Rencontre avec Bettina Oberli

A propos de son film Le vent tourne

Bettina Oberli lors de la présentation sur la Piazza grande avec Carlo Chatrian, © Festival Locarno 2018

Vu de Pro-Fil : Ma première question concerne le titre, Le vent tourne. Est-ce que c’est juste en relation avec cette histoire d’éolienne, ou pensez-vous que le vent tourne pour l’écologie ?

Bettina Oberli : Je crois que pour la question écologique le vent DOIT tourner. Bien sûr, il y a plusieurs interprétations. Il y a le vent, il y a beaucoup de vent ici, il y a l’éolienne, il y a la vie de la protagoniste qui commence aussi à changer, mais aussi pour l’écologie, je crois qu’il faut que les choses changent.

VdP : Moi je fais partie de la génération 68, vous êtes beaucoup plus jeunes, mais j’ai l’impression que les mêmes questions se posent aujourd’hui qu’à l’époque, mais un peu différemment.

BO : Dans quel sens, différent ?

VdP : Avec un peu moins de naïveté.

BO : Il est vrai que c’était une autre époque et c’était lié davantage à la libération personnelle, oui, on peut dire que c’était un peu plus naïf. Je crois que la jeune génération d’aujourd’hui a une autre conscience du sérieux de la situation.

VdP : Et pourtant, Pauline quitte le projet.

BO : Oui, mais je ne crois pas qu’elle va changer ses convictions. Je ne pourrais pas dire ce qu’elle allait faire, cela ne fait pas partie du film, mais il était important pour elle personnellement de faire un pas dans sa propre direction - mais si je fantasme sur ce qu’elle va faire, je la vois s’investir encore beaucoup pour ces questions.

VdP : Il y a deux facteurs qui font capoter le projet. D’abord la maladie des vaches, puis cet amour fou pour l’ingénieur. Est-ce que vous les mettez sur le même plan ? Est-ce que le virus des vaches et le fait de tomber amoureux sont tous deux des facteurs biologiques ?

BO : Oui, je crois.

VdP : On ne peut rien contre ?

BO : Parfois c’est vraiment plus fort. Il y avait même une phrase dans le film, mais qu’on n’a pas gardée, où Alex reproche à Pauline qu’elle est malade.

VdP : Oui, ça fait réfléchir.

BO : Oui, je crois que l’amour, le fait de tomber amoureux, c’est même chimiquement un genre de maladie dans la tête.

VdP : Plus fort que l’idéal qu’elle partage avec Alex ?

BO : L’idéal c’est une construction, mais ce n’est pas un truc qui… Oui, elle le sent très fort, ils font tout ensemble et ils vont très loin pour faire ça, mais c’est une construction intellectuelle. Alors que la maladie de tomber amoureux, c’est très direct, et très brutal aussi.

VdP : Il n’y a pas de remède pour ça ? Parce qu’il y a aussi la jeune fille de Tchernobyl qui est malade, qui vient là pour se soigner, elle joue un peu le rôle du catalyseur, non ?

BO : Elle est un catalyseur, exactement. Ce qui nous a intéressés quand nous avons écrit le scénario, c’est qu’elle fait partie du projet de ce couple, de faire du bien, de soigner, pour essayer de réparer des choses. Ils la voient comme une victime, une pauvre petite fille pâle qu’on doit aider à guérir. Mais à la fin c’est elle qui aide Pauline à s’émanciper.

C’est terrible, Tchernobyl, c’est l’endroit le plus pollué.

VdP : Heureusement que les nuages se sont arrêtés à la frontière et n’ont pas contaminé le thym de Provence. C’est bien des frontières parfois.

(rires)

VdP : Je crois que c’est votre premier film en français. Vous allez en faire d’autres ?

BO : Je commence à y réfléchir.

VdP : Et ça sera quoi, le prochain sujet ?

BO : Je voudrais faire quelque chose aussi sur une idéologie, mais religieuse.

VdP : Ah, ça m’intéresse. Quelle idéologie ?

BO : Dans le milieu des Eglises libres du protestantisme évangélique.

VdP : En France ou en Suisse ?

BO : Je crois en France. Mais le projet est encore au tout début. Ce qui m’intéresse, c’est de faire quelque chose sur le radicalisme, mais pas dans l’Islam, pas dans des communautés juives, mais ici, chez nous. Je sais que ces Eglises libres attirent de plus en plus de gens et j’aimerais bien raconter une histoire sur une femme qui se fait avoir et des ‘pasteurs’ qui sont presque comme des rock stars. Beaucoup de jeunes qui viennent là, ils sont gentils, et il y a un truc là qui se passe que j’aimerais explorer. L’histoire, ça serait une femme pasteur, et une autre femme qui vient là et qui développe une obsession envers elle au point de la prendre pour Jésus.

VdP : Vous avez vu Tore tanzt ?

BO : Oui, c’est terrible. Tous les extrémismes sont terribles.

VdP : Je vous remercie pour votre disponibilité.

L'actrice principale, Ménalie Thierry, lors de la présentation sur la Piazza grande, avec Maroc Solari, © Festival Locarno 2018, Samuel Golay

Waltraud Verlaguet

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