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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Afterschool

USA, 2008 - Durée : 1h 46min

Réalisation :
Réalisation, scénario et montage : Antonio Campos -Directeur de photographie : Jody Lee Lipes -Compositeur: Rakotondrabe Gaël - Production: BorderLine Films, U.S.A. - Distribution: CTV International, France.
Interprétation : Ezra Miller (Robert), Jeremy White (Dave), Emory Cohen (Trevor), Michael Stuhlbarg (Monsieur Burke), Addison Timlin (Amy), Rosemarie DeWitt (le professeur), Lee Wilkof (Monsieur Wiseman), Paul Sparks (le détective), Bill Raymond, Gary Wilmes, Christopher McCann (Monsieur Ullman), Dariusz M. Uczkowski (Peter)
Auteur :

Après deux courts-métrages, Buy it Now (2004) et The Last 15 (2006), Antonios Campos, jeune réalisateur de New York, signe ici son premier long-métrage, présenté à Cannes en 2008 dans la section « Un Certain Regard », mais aussi à Deauville, Londres, New York et Vancouver.

Résumé :

Nouveau venu dans un prestigieux pensionnat de la Côte Est, le jeune Robert passe son temps libre à surfer sur le net. Les images glanées, violentes ou pornos, se mélangent sans discernement. Quand Robert est invité à intégrer l'atelier audiovisuel, sa caméra capte la vie du lycée au rythme du hasard, jusqu'à ce qu'il devienne témoin – et filme – la mort tragique par overdose de deux étudiantes. Pour exorciser la crise dans laquelle l'école risque de sombrer après cet accident, le directeur demande à Robert de faire un documentaire sur les deux jeunes filles.

Analyse :

Zoom sur la construction de la personnalité d'un jeune lycéen, de la relation à soi et à l'autre, une quête de reconnaissance où les adultes brillent par leur lâcheté.
Les signaux de mal-être que Robert envoie aux adultes ne sont pas entendus, voire volontairement ignorés ou exploités à son encontre. Ce manque de relation structurante le laisse cruellement seul face aux images. D'abord celles qu'il consomme sur Internet, sans lien entre elles, sans distance critique et sans analyse qui permettrait de leur conférer un sens, ensuite celles de sa propre caméra qui filme n'importe quoi, là aussi sans démarche critique, sans construction qui permettrait d'éprouver leur pertinence.
Pendant une bonne partie des séquences du film, l'auteur utilise une forme particulière de caméra subjective : elle épouse le regard de Robert à travers le viseur de sa caméra. Du coup, l'image est volontairement floue, mal cadrée, mal coupée, à l'image de la construction de la personnalité du jeune. Car, n'est-ce pas le propre de l'adolescent que d'avoir à apprendre justement à faire le tri parmi les impressions qui lui parviennent du monde extérieur et à distinguer ce qui est pertinent de ce qui ne l'est pas pour construire son identité? Le « film » de Robert ne correspondra pas aux attentes du directeur, occupé seulement à sauver l'image de marque de l'école, quitte à trahir sa véritable vocation, celle d'aider les jeunes qui lui sont confiés à se construire.

Waltraud Verlaguet