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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Agnus Dei

Argentine 2008

Réalisation :
Réalisation : Lucia CEDRON ; Scénario : Lucia Cedron – Santiago Giralt
Interprétation :

-Teresa 2002 : Mercedes Moran – 1978 : Malena Solda - Arturo : Jorge Marrale - Guillermina 2002 : Leonora Balcarce – 1978 : Ariana Morini – Paco : Juan Minujin

Auteur :

Lucía CEDRÓN et sa famille s'installent en France après le décès de son père (cinéaste). A la Sorbonne, elle obtient des diplômes en Littérature, Histoire et Etudes Cinématographiques. Puis elle produit des documentaires pour la télévision française. Elle retourne à Buenos Aires en 2002 où elle réalise sont premier court métrage, En ausencia, Ours d'Argent au Festival de Berlin en 2003. Cordero de Dios (sélectionné au IFFR 2008 - Hollande) est son premier long métrage de fiction.

Résumé :

Argentine 2002. Sur fond de crise économique, un vétérinaire à la retraite, Arturo est enlevé en plein Buenos Aires. Les ravisseurs demandent une rançon à sa petite fille de 25 ans. Celle-ci appelle et fait venir sa mère qui vit à Paris depuis la mort de son mari sous la dictature argentine. La recherche de la somme demandée va conduire la mère et la fille à s’affronter sur les non-dits anciens avant de se retrouver dans le présent à vivre.

Analyse :

C’est une originale approche du drame argentin, sans recours à la violence et tout en finesse psychologique.
Nous sommes en 2002 . La démocratie a succédé à la dictature mais les séquelles de celle-ci n’en finissent plus de plomber l’Argentine actuelle : la crise économique fait toujours rage ; les anciens bourreaux, retraités, ne sont pas tous sous les verrous ; les enlèvements sont toujours de mise, même si leur objectif n’est plus politique mais crapuleux.
Cette situation déclenche un nouveau drame qui va servir de révélateur dans une famille déjà brisée en 1978.
Par de nombreuses et brèves séquences de retour dans le passé – déroutantes au début – on entre par petites touches dans l’engrenage de l’histoire et on découvre que chacun peut en faire son interprétation personnelle. « Il était une fois, un monde à l’envers, où les agneaux étaient méchants et les loups gentils… » chante la petite fille.
Seule allusion au titre du film, un petit agneau de peluche ouvrira la voie d’une renaissance possible, d’une « vie après la mort ». On comprend aussi que les comptes ne se règlent pas avec les morts mais qu’avec les vivants, tout est possible.
Plus intimiste que politique, ce film est bâti sur l’humanité des personnages et sur la nécessité de « se mettre, ne serait-ce que cinq minutes, à la place de l’autre » (dixit la réalisatrice), afin de comprendre par l’intérieur, ses difficultés. C’est de loin, la plus belle leçon à tirer de ce premier long métrage assez bien maîtrisé .

Arlette Welty Domon