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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Aviator

USA 2005 ; durée : 2H45

Réalisation :
Réalisateur : Martin Scorsese ; Scénariste : John Logan ; Images: Robert Richardson ;Producteur :  Miramax  Distributeur : TFM
Interprétation : Leonardo DiCaprio : Howard Hughes, Cate Blanchett : Katharine Hepburn, Kate Beckinsale : Ava Garner, John C. Reilly : Noah Dietrich, Alec Baldwin : Juan Tripp, Alan Alda : Sen. Brewster
Auteur :
Martin Scorsese, né en 1942 à New York, de modestes descendants d'immigrés siciliens, un temps tenté par la prêtrise, opte pour des études de cinéma : réalisateur, parfois acteur ou scénariste, son oeuvre est abondante et assez inclassable, avec une prédilection pour les personnages en conflit avec un système. Premier succès : Mean Streets en 1973, Taxi driver obtient la palme d'or à Cannes en 1976, After Hours le prix de la mise en scène en 86. En 1988, La dernière tentation du Christ fait scandale. Plus récemment : le Temps de l'innocence, Casino, A tombeau ouvert, Gangs of New York.
Résumé :

Biographie du fascinant Howard Hughes, des années 20 à la fin des années 40. Jeune héritier d'une des plus grandes fortunes du Texas, liée aux techniques de forage du pétrole, ses passions, le cinéma et l'aviation, lui font mêler, avec une constante démesure, une carrière de réalisateur et de producteur, et une carrière d'inventeur et de pilote épris de prototypes et de records de vitesse. Ses activités croisent les secteurs de la défense et de la politique. Dans sa vie privée défilent stars et starlettes. Les prémices de la folie qui submergera ce mégalomane fragile apparaissent dès ses années de jeunesse.

Analyse :

Avec Hollywood comme cadre, un tel personnage avait de quoi tenter  le cinéma américain. On pense à son contemporain W. R. Hearst qui inspira Orson Welles pour son Citizen Kane. Le film reconstitue avec minutie l'Hollywood de la grande époque, ses stars, ses fêtes, sa musique. Il va jusqu'à imiter les tonalités des images des films de l'époque, variables au fil des évolutions du technicolor. Une audition devant une commission sénatoriale, tournant à l'avantage du "héros" sur un sénateur véreux, rappelle les scènes de procès des classiques du cinéma américain. Les démêlés de Hughes avec la censure évoquent le climat moral d'alors (on se dit d'ailleurs que le film aurait passé probablement avec succès la terrible censure de l'époque.)
Film de reconstitution, film à grand spectacle aussi, avec des scènes d'aviation époustouflantes. Scorsese, maîtrisant techniques traditionnelles et techniques numériques, utilise des maquettes, des modèles réduits, et les images retravaillées des films réalisés par Howard Hughes, pour un résultat spectaculaire.
La dynamique du récit est donnée par la vulnérabilité croissante du personnage, fatalité intérieure inoculée par une mère névrosée. Le film est centré sur l'acteur principal, (rien à y redire, c'est le sujet !), Leonardo DiCaprio, qui est à l'origine du projet et un des producteurs du film. Il aura mérité, s'il l'obtient, l'oscar qu'il convoite.
Pendant 2h 30, spectateurs proches sans doute des attentes des spectateurs de l'entre-deux guerres, nous plongeons dans un monde qui n'est pas le nôtre, qui nous émeut et ne nous ébranle pas. Ne boudons pas notre plaisir ! Seule déception, qui était prévisible : les actrices qui interprètent, courageusement, les stars mythiques... mais, être Katharine Hepburn, Jean Harlow ou Ava Gardner n'est pas donné à tout le monde!

Christine Champeaux