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Cinéma

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affiche

Azur et Asmar

film d'animation français 1h39

Réalisation :

Scénario et réalisation : Michel Ocelot ; Musique : Gabriel Yared ; Distribution : Diaphana

Interprétation : Avec les voix de Hiam Abbass, Patrick Timsit, Cyril Mourali ....
Auteur :
Michel Ocelot s'est fait un nom dans le cinéma d'animation avec "Kirikou et la sorcière". Il avait réalisé auparavant quelques courts métrages d'animation ("Princes et princesses") qui n'avaient pas connu le succès rencontré par Kirikou. Ce succès a conduit Michel Ocelot a réaliser une sorte de Kirikou 2 ("Kirikou et les bêtes sauvages") qui n'avait pas et de loin la valeur du premier. Jusque là Michel Ocelot avait utilisé les supports traditionnels de l'animation. Avec "Azur et Asmar" il recourt aux technologies numériques d'une façon tout à fait originale.
Résumé :

Deux enfants sont élevés par la même femme, une nourrice sarrasine : Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice. Ils sont inséparables comme deux frères aussi bien dans les jeux que dans les disputes. Le châtelain prenant ombrage de cette amitié chasse la nourrice et son fils. Devenu grand, Azur décide de partir dans le pays de sa nourrice et de délivrer la fée des djinns, personnage appartenant aux récits de cette dernière. Il retrouvera là-bas Asmar et sa mère. Tous deux chercheront à délivrer la fée des djinns, d'abord en concurrence puis en collaboration.  

Analyse :

Après le succès de Kirikou on attendait beaucoup de Michel Ocelot. Il nous livre ici à nouveau une oeuvre particulièrement originale. Les recherches esthétiques sont nombreuses, trop peut-être au risque de procurer un sentiment de saturation et d'hétérogénéité. L'inspiration des miniatures persanes aurait peut-être suffi. Et beaucoup de passages nous font penser à l'oeuvre de Karel Zeman (de l'école d'animation tchèque) par exemple dans "Simbad le Marin". On trouve aussi des références à l'oeuvre même d'Ocelot (les couleurs de "Kirikou", les personnages en ombres chinoises de "Princes et Princesses"). On peut regretter aussi une certaine raideur des personnages en particulier dans leurs déplacements, surtout dans la première partie. Mais tout cela ne dessert pas vraiment un propos très audacieux pour un film d'animation : chanter l'égalité des cultures et combattre les préjugés traditionnels. Espérons que ce message sera bien compris par le jeune public et que celui-ci ne s'arrêtera pas au simple récit merveilleux de la libération de la fée des djinns.
Certains partis pris sont particulièrement intéressants, par exemple faire parler en arabe les personnages du pays de la nourrice sans que cela soit traduit. Cela nous met vraiment dans la situation d'un naufragé débarquant sur une terre inconnue. La présence d'un personnage ambivalent, Crapoux, permet aussi de repérer des attitudes auxquelles on peut s'identifier sans manichéisme.
Bref, un régal des yeux pour les adultes et un grand moment de conte merveilleux pour les plus jeunes. A voir en famille. (Maguy Chailley )