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Cinéma

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affiche

Boulevard de la mort

(Death Proof)

USA (compétition officielle Cannes 2007)- Durée : 1h54

Réalisation :
Mise en scène, scénario et dialogues : Quentin Tarantino – Images : Quentin Tarantino – Montage : Sally Menke – Décor : Steve Joyner, Cayla Eddleblute -Production : Dimension Films, Troublemaker Studios
Interprétation : Kurt Russel (Stuntman Mike), Sydney Tamiia Poitier(Jungle Julia), Vanessa Ferlito (Arlene), Jordan Ladd (Shanna), Tracie Thoms (Kim), Rosario Dawson (Abernathy), Zoe Bell (Zoe)
Auteur :

Né en 1963, ce cinéaste américain s’est surtout distingué par des films de grande violence, mais teintés d’humour et de style parodique. Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (Palme d’Or Cannes 1994), Jackie Brown (1997), les deux Kill Bill (2003-04).

Résumé :

C’est un film « Grindhouse » (vous connaissez ? non ? mais c’est la série B des années 1970 !)
Histoire simple : un psychopathe nommé Stuntman (cascadeur) Mike tue des femmes avec sa voiture indestructible. Rassurez vous : ça ne va pas plus loin que ce résumé !

Analyse :

Dès le début, on flaire le piège dans lequel le cinéaste va enfermer le spectateur, avec son consentement ravi, bien sur, car il s’agit de Tarantino, si célèbre depuis Kill Bill et Pulp Fiction ! une sorte de prodige capable de tout filmer, surtout la mort au travail, avec désinvolture, décontraction et humour déjanté. Ici, on a deux films juxtaposés : le premier, quatre belle filles qui parlent sans arrêt de sexe, de boissons et de l’impact qu’elles ont sur les hommes. La pellicule est grise, rayée même ? C’est normal, on est dans un film des années 70, la musique le prouve ! De jacasseries en logorrhées, les filles vont finalement se trouver prises en chasse par la voiture de Mike (genre Eddy Mitchell en cradingue) et assassinées !
Il paraît que la course et la scène finale (le choc frontal filmé quatre fois, pour montrer la mort atroce des quatre filles) est un modèle de virtuosité (disent les « critiques » de cinéma).
La police enquête, le balafré sort finalement d’hôpital. Il est libre.
On est 14 mois plus tard : de nouveau, quatre filles, belles à ravir, dont l’épouse cascadeuse du grand enfant Quentin (Zoé Bell). Nous tenons le deuxième film ! Quelle est l’époque ? peut être de nos jours, peu importe. Elles babillent, elles parlent de sexe, de drague, de drogue. Leur chemin se croise avec le Mike, probablement impuissant sexuellement, qui va les prendre en chasse sur une jolie route de campagne. Tiens, le coup de la poursuite en bagnole reprend. Mais les femmes ont changé : c’est la grande découverte de Monsieur Tarantino !! Et elles vont lui faire sa fête à ce cinglé, à cet infantile tueur.
Oui, il s’agit d’infantiliser le spectateur, en pensant qu’il va être fasciné par la simple évocation des films et de la musique des années 70. Le film s’adresse-t-il aux hommes qui aiment les filles provocantes et vulgaires, qui les excitent bassement ? Il prétend aussi se mettre du côté des femmes, car c’est elles qui ont le beau rôle (même mortes !), elles exercent leur girl power, elles en remontrent aux jeunes (qu’elles font languir) et au vieux Mike aussi, qui n’est qu’un pauvre sexagénaire ! Tarantino, ou la peur de passer pour un vieux.
Alors, il fait l’enfant qui fait joujou avec la caméra. On aura compris : le charme de Pulp Fiction ne marche plus !
(Alain Le Goanvic)