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Cinéma

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Boxes

France 2006  1h35mn

Réalisation :
Réalisateur : Jane Birkin ; Scénario : Jane Birkin ; Directeur de la photographie : François Catonné ; Compositeur : Franck Eulry. Ingénieur du son : François Guillaume ; Monteuse : Marie-José Audiard. Chef Décorateur : Raymond Sarti ; Production : Les films de la Croisade. Distribution : Pyramide Distribution
Interprétation : Géraldine Chaplin (maman), Michel Piccoli (papa), Jane Birkin (Anna), Natacha Régnier (Fanny), Lou Doillon (Camille), Adèle Exarchopoulos (Lily), John Hurt (père de Fanny), Maurice Bénichou (Max), Tchéky Karyo (Jean), Annie Girardot (Joséphine).
Auteur :

Présenté en Sélection Officielle à Cannes, dans le cadre des hommages du 60e Festival, ce film, tourné dans sa propre maison en Bretagne, est le premier long métrage de la comédienne et chanteuse Jane Birkin qui confie : «…je voulais écrire un film sur la crise d'une femme de 45-50 ans … et que ce soit un film de filles et de femmes ».

Résumé :

Anna emménage dans sa nouvelle maison. Les pièces sont envahies de cartons de déménagement qui renferment mille objets... mille souvenirs. Anna a vécu beaucoup de vies et son passé surgit de ces « boxes ». Lorsqu'elle les ouvre, apparaissent ceux qui ont compté dans sa vie. Ses parents bien sûr, mais aussi ses 3 filles chacune d'un père différent ; et tous, vivants ou morts, reviennent lui parler, l'engueuler, se justifier…

Analyse :
On ne présente pas Jane Birkin, on la connaît, on l’aime. La première fiction inévitablement autobiographique de cette actrice généreuse reflète jusqu’à l’excès son affectivité débordante et son authenticité. L’originalité et l’intérêt du dispositif de mise en scène repose sur la coexistence fluide à l’écran des vivants et des morts de la famille décomposée-recomposée d’Anna. Eternelle victime gentiment hystérique de ses 3 ex-compagnons et de ses 3 filles, Anna-Jane nous convie à l’art thérapie cinématographique qu’elle s’administre avec talent. L’audacieuse ouverture oedipienne du film en forme de thrène amoureux sur le corps mort de son père donne le ton de sa quête fiévreuse du passé. Mais au vrai, à travers ce psychodrame Allénien, il s’agit de débusquer tous les non-dits, tous les ratés de la relation mère/filles qui vont, orchestrés par Anna, éclater en scènes de reproche et d’amour, de larmes de tendresse ou de souffrance. L’apparent désordre de la construction du scénario est au profit de la spontanéité des sentiments, et les moments drôles ou émouvants qui s’enchaînent s’articulent à la relation obsédante au père omniprésent, qu’incarne un Piccoli attendri et facétieux.
(Jean-Michel Zucker)