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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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C’est dur d’être aimé par des cons

France, 2008, 1h48

Réalisation :
Réalisation : Daniel Leconte ; Photographie : David Quesemand, Xavier Liberman, Thomas Risch - Montage : Laurent Abellard, Grégoire Chevalier-Naud - Montage son : Julien Bonvicini - Compositeur : Cyril de Turkeim - Production : Eric Dyonisius - Distribution : Pyramide.
Interprétation : dans leur propre rôle : Philippe Val, Elisabeth Badinter, François Bayrou, Oncle Bernard, Gérard Biard, Christophe Bigot, Dalil Boubakeur, Cabu, Cavanna, Hervé Chabalier, Charb, Caroline Fourest, François Hollande, Georges Kiejman, Claude Lanzmann, Richard Malka, Mohammed Siffaoui, Francis Szpiner, Wolinski…
Auteur :

Né en 1949 à Oran, Daniel Leconte est journaliste, lauréat du prix Albert Londres. Il dirige Doc en stock et Films en stock, sociétés de production de films documentaires et de fictions travaillant pour la télévision et le grand écran. Il anime le plateau de De quoi je me mêle, c'est-à-dire le débat suivant les documentaires des Thema d'Arte, tous les deux mois.

Résumé :

Le réalisateur retrace en temps réel le procès que Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, et son journal, ont du subir pour avoir reproduit les douze caricatures danoises du quotidien Jyllands-Posten qui ont enflammé les musulmans à travers le monde. Il expose ainsi les enjeux internationaux, médiatiques et idéologiques de l’affaire avec l’équipe de Charlie, les avocats, les journalistes, les hommes politiques, à travers des témoignages, des conférences de rédaction, et les réactions de l’accusation et des pays musulmans.

Analyse :

Il s’agit d’un documentaire salubre et jubilatoire au profit de la liberté de penser et d’écrire. Le cinéaste et Val ont voulu populariser grâce au cinéma ce combat vital pour la démocratie, en décrivant dans un style joyeusement féroce les préliminaires et le déroulement de ce mauvais procès intenté par les fondamentalistes islamistes et leurs suppôts. Les débats du procès n’ont bien entendu pas été filmés, mais nous voyons, exposés tambour battant par la caméra de Daniel Leconte et le verbe de Philippe Val, dans un tempo allègre et généreux, les commentaires de l’équipe de Charlie Hebdo au cours de réunions de rédaction roboratives et les témoignages sollicités par la défense, remis en scène pour le film et qui culminent avec les accents passionnés d’une Elisabeth Badinter et d’un Mohammed Siffaoui. Les réponses percutantes des avocats, des témoins et de l’équipe de l’hebdomadaire aux questions du cinéaste, hors champ, crépitent en un rythme endiablé et sont efficacement reliées entre elles par de brefs noirs ou des titres à l’ancienne qui annoncent les grands moments du procès et sont introduits par une citation musicale excitante. Ce film, qui projeté à Cannes en présence de toute l’équipe de Charlie Hebdo et des avocats, s’était vu réserver une véritable ovation, devrait être montré aux enfants des collèges, car il représente un véritable exercice d’hygiène mentale et d’éducation civique dont l’efficacité se juge également à l’abondance et à la qualité des rires qui émaillent la projection.

Jean-Michel Zucker