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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Confidences trop intimes

français 1h44

Réalisation :

Réalisation : Patrice Lecomte ; Scénario : Jérôme Tonnerre, Patrice Lecomte ; Image : Eduardo Serra ; Production: Les Films Alain Sarde ; Mars Distribution .

Interprétation : Sandrine Bonnaire (Anna), Fabrice Luchini (William), Anne Brochet (Jeanne), Michel Duchaussoy (Dr Monnier), Hélène Surgère (la secrétaire), Gilbert Melki (Marc)
Auteur : Patrice Lecomte, né en 1947, intègre l'IDHEC en 1967. Dans son abondante filmographie (18 longs métrages) on trouve des comédies comme Les Bronzés, dans la veine du café théâtre, des films d'aventure comme "Les spécialistes", mais aussi des oeuvres plus sérieuses comme Ridicule ou La veuve de Saint-Pierre.
Résumé :

Une jeune femme, Anna, venue consulter un analyste se trompe de porte et est reçue par William, un conseiller fiscal, qui s'aperçoit trop tard de la méprise. Celui-ci l'entend donc raconter ses problèmes de femme mariée ne se sentant plus désirée. Lorsque, au troisième rendez-vous, il se décide à lui dire la vérité, la jeune femme lui dit l'avoir découverte elle-même et semble souhaiter continuer à venir lui parler de ses problèmes. William, pris à son propre piège va donc devenir le confident ou le jouet de cette jeune femme dont les propos sont tour à tour sincères ou manipulateurs.

Analyse :

Le spectateur embarqué dans ce qu'il peut prendre au début pour une comédie, découvre peu à peu toutes les ambiguïtés de cette relation où la "victime" (cette jeune femme qui se confie par erreur à un faux thérapeute) nous apparaît peu à peu dans un autre rôle. William (admirable Fabrice Luchini) va lui-même devenir progressivement amoureux d'Anna qui ose lui parler de manière si directe de ses problèmes sexuels, à lui qui visiblement n'est guère épanoui de ce côté là, et peu capable d'en parler. A travers ces dialogues, au cours de ces séances d'une bien curieuse thérapie, vont se tenir des propos sur l'amour et le désir qui vont faire progressivement craquer son corset de bienséance, recouvrant une immense solitude. Tout reste sur un ton léger, mais le propos est grave. Le recours de William au vrai thérapeute qui habite sur son palier est un vrai délice de démystification de la psychanalyse. Mais en même temps nous découvrons toute la dimension manipulatrice du comportement d'Anna. William va même devenir le jouet de Marc, le mari d'Anna.
L'image est habile avec son utilisation des couloirs peu éclairés, des ascenseurs redoutés des phobiques, des objets symboliques (la collection de jouets mécaniques de William, le briquet et le carnet d'Anna), des plongées verticales. Le spectacle télévisé d'une série romanesque regardée par la concierge vient ponctuer de manière humoristique les allées et venues d'Anna. Mais il reste un sentiment de superficialité, dû peut-être au jeu trop extérieur de Sandrine Bonnaire, qui joue tout en sourire (ravissant il est vrai) mais n'arrive pas à nous faire vraiment croire à sa détresse.
(Maguy Chailley Profil)