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Cinéma

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Dans la vallée d’Elah

E.U. d’Amérique 2007, durée : 2H

Réalisation :
Réalisation et Scénario : Paul Haggis ; Image : Roger Deakins ; Musique : Mark Isham ; Montage : Jo Francis ; Production : Warner Independent Pictures (Darlene Caamano, Paul Hadggis, Steve Samuels, Patrick Waschberger). Distributeur : Warner Bros (EUA, France).
Interprétation : Tommy Lee Jones (Hank Deerfield), Charlize Theron (la détective Emily Sanders), Susan Sarandon (Joan Deerfield).
Auteur :

Paul Haggis (né à London, Canada, en 1953) fera sa carrière en Californie où, surtout, il écrit et réalise des séries télévisées. Sur grand écran, le scénario de Million Dollar Baby (2004, réalisé par Clint Eastwood) puis l’écriture et réalisation de Collision (2005) lui valent enfin oscars et célébrité. Il écrira encore pour Eastwood le dyptique d’Iwo Jima (Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo-Jima). Il a réalisé quatre longs métrages avant Dans la vallée d’Elah.

Résumé :

Un vieux soldat, convaincu des valeurs militaires, cherche à retrouver la trace de son fils, qui a disparu à son arrivée d’Iraq en permission aux Etats-Unis. Au cours de cette quête effectuée avec ou malgré les polices officielles, civile et militaire, l’ancien sergent réalise peu à peu que cette guerre déshumanise totalement ceux qui y participent. En conclusion, il mettra en berne le drapeau des Etats-Unis.

Analyse :

La lente progression de Hank Deerfield vers la vérité, qui sera bien plus bête et finalement plus dramatique que toutes les suppositions de l’enquête, lui révèle aussi les destructions morales que la guerre inflige à ses acteurs. Tommy Lee Jones, remarquable, tient l’écran du début à la fin. Obstination, lucidité et bon sens sont ses armes ; sa confiance en son fils lui sert de preuve que, pour en faire ce qu’il est devenu, il faut du monstrueux. « Pour vaincre un monstre, on doit surmonter sa peur, s’en approcher, oser le regarder dans les yeux. C’est ainsi que David peut tuer Goliath dans la vallée d’Elah » raconte-t-il à un petit garçon. Charlize Theron joue la jeune femme détective, énergique, lisse et sans défauts, et Susan Sarandon la maman du soldat disparu, dans un rôle qui se limite à exprimer la souffrance.
Ce film irritera ceux qui pensent que la guerre en Iraq n’est pas seulement atroce, elles le sont toutes, mais qu’elle est honteuse dans ses motivations : ici, le seul regret apparent est pour l’âme des américains ; la chair des irakiens est à peine évoquée. Le thème principal est aussi encombré d’accessoires inutiles, bien que faisant partie de la panoplie du cinéma-succès : dispute entre polices civile et militaire, femme policier en butte à l’hostilité stupide de collègues machos, exposition des nudités lascives qui délassent les guerriers, décryptage de fichiers mystérieux sur ordinateur… Et le message est un mélange de patriotisme et de pacifisme trop confus pour être honnête. Ce n’est pas mal fait, mais on peut se passer d’aller voir.

Jacques Vercueil