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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Entre adultes

français 1h20

Réalisation :
Scénario : Stéphane Brizé - Photo : Hervé Portanquen - Compositeur : Fabrice Dumont, Fred Fortuny - Monteur : Alban Teurlai - Ingénieur du son : Emmanuelle Villard ; Producteur : Claude Lelouch
Interprétation : Edith Mérieau - Vincent Dubois - Jeanne Ferron - Philippe Fauconnier - Dominique Coquelin - Céline Gorget - Vincent Rocher - Cyril Couton - France Ducateau - Charlotte Smither - Karim Hammiche - Véronique Dossetto
Auteur :
Stéphane Brizé est réalisateur, acteur, producteur associé, scénariste. Il a déjà réalisé "Le bleu des villes" (1999), "Je ne suis pas là pour être aimé" (2005). "Entre adultes" a été réalisé avant ce dernier film mais ne sort sur les écrans qu' en 2007. Pour ce film, Stéphane Brizé s'est vu proposer par la région Val de Loire un projet inattendu. Avec l'aide de comédiens professionnels mais sans expérience du cinéma, le réalisateur devait écrire puis tourner un film en 10 jours, avec deux caméras vidéos et un micro. Achevé en août 2004, il n'a jamais été question de distribuer le film en salles. C'est le réalisateur Simon Lelouch, qui, après avoir visionné le film à la fin de l'année 2005, poussa Stéphane Brizé à le finaliser pour le cinéma. Il le montra ensuite à Claude Lelouch, qui fut conquis par le film et qui accepta d'en assurer la production.
Résumé :

Nous suivons les relations de douze jeunes adultes vivant des problèmes de fidélité/infidélité, de confiance/défiance dans le couple. 

Analyse :

C'est à une curieuse "ronde" (rappelant la structure du film de Max Ophüls) que nous sommes confrontés : douze scènes se succèdent, toujours à deux personnages. Chaque scène fait dialoguer un homme et une femme, parfois amants, parfois époux, et la scène suivante fait disparaître l'un des deux protagonistes pour en voir apparaître un nouveau, également dans une situation de dialogue. Et les rôles semblent souvent se renverser. Tel homme qui nous apparaît en position de force avec telle femme, sera dans la scène suivante en position de faiblesse avec une autre femme. Ces scènes sont souvent filmées en gros plans sur les visages, laissant longtemps hors-champ l'autre partenaire qui deviendra à son tour le centre de la scène suivante, lorsque l'interlocuteur ou l'interlocutrice aura changé. Beaucoup de choses se disent ou se suggèrent : l'amour déçu, le désir, la trahison, la peur d'être trahi, l'abus de pouvoir, la tendresse.... Bien sûr ce film est fait avec de petits moyens et Stéphane Brizé n'est pas Bergman (dans "Scènes de la vie conjugale") ni Resnais (dans "Mélo") mais beaucoup de vérité, souvent cruelle, se dégage de ces saynètes.
Une belle performance d'acteurs surtout lorsqu'on sait que le cinéaste ne leur a communiqué leur rôle et leurs dialogues qu'une heure avant le tournage. Et le miracle s'accomplit, rendant crédible ce que nous dit le réalisateur : "Ces personnages nous ressemblent et ils se débrouillent comme ils peuvent dans leur vie... Il peut arriver d'avoir des difficultés à exprimer ses sentiments, il peut arriver de se réveiller un matin et de ne plus aimer la personne qui est à ses côtés, il peut arriver de souffrir avec quelqu'un tout en étant dans l'incapacité de le quitter, il peut arriver de reproduire éternellement le même scénario et de mener chacune de ses histoires d'amour à l'échec, il peut arriver de ne pas être tous les jours fou d'amour pour la personne avec qui l'on vit, il peut arriver d'aimer une personne tout en en désirant parfois une autre, tout cela avec la petite dose de lâcheté suffisante pour s'arranger avec notre conscience. Il n'y a là rien de pessimiste, c'est juste la réalité. Ayons simplement l'honnêteté de l'accepter".
(Maguy Chailley)