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Cinéma

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Garage

Irlande , 2007, 1h30

Réalisation : Réalisateur : Lenny Abrahamson ; Scénariste : Mark O’Halloran. Photographie : Peter Robertson. Direction artistique : Padraig O’Neill. Montage : Isobel Stephenson. Musique : Stephen Rennicks. Son : Rob Flanagan ; Producteur : Ed Guiney (Element Pictures) Diffusion : MK2
Interprétation : Pat Shortt (Josie), Anne Marie Duff (Carmel) , Conor Ryan (David), Don Wycherley (Breffni), Andrew Bennett (Sully)
Auteur :

Né à Dublin en 1966, il obtient plusieurs prix pour son court métrage 3 Joes , de même que pour son premier long métrage, Adam et Paul (2004), qui filmait déjà des paumés et des solitaires et était écrit par le même scénariste que le second. Celui-ci , Garage, a été primé à Dinard, Monte Carlo, Turin et a reçu le prix CICAE à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes et une mention spéciale du Jury Oecuménique au Festival international de Bratislava.

Résumé :

Considéré par ses voisins comme un marginal un peu simplet mais inoffensif, Josie a passé toute sa vie d'adulte à tenir une station service poussiéreuse à la périphérie d'une petite ville de l'Irlande profonde. C'est un homme simple, solitaire, irréductiblement optimiste et heureux à sa manière. L'arrivée d'un jeune apprenti au garage va tout bouleverser...

Analyse :

Le spectateur est dès les premières images fasciné par la sobriété et la simplicité avec laquelle le réalisateur déroule par de calmes et longs plans moyens et larges, - comme s’écoule, au sein de la verte Erin, la tranquille rivière voisine -, la vie quotidienne de Josie, dont Pat Shortt, acteur comique très populaire dans son pays, fait ressortir les tensions : employé modèle observant une scrupuleuse hygiène de vie, il laisse, par un comportement empathique que blesse la dureté de cœur ou les moqueries de son environnement, affleurer une lumineuse vie intérieure. Une approche aussi épurée de la solitude de l’homme,- à la fois grave, distanciée mais également pleine d’humour-, explique l’ambition de l’auteur qui évoque à propos de son film la rencontre de Bresson et de Buster Keaton. Au niveau de l’interprétation, la réussite de cette tragi-comédie minimaliste repose largement sur la performance de Pat Shortt qui donne au personnage de Josie une authenticité dans la naïveté et le burlesque involontaire. Révélateur du malaise social en milieu rural, la mise en scène montre combien le statut de l’idiot du village moderne est fragile : intégré s’il accepte d’être marginalisé et moqué, il devient le bouc émissaire de la collectivité sitôt qu’un événement menace sa cohésion et Josie assumera alors son destin avec une dignité tragique.

Jean-Michel Zucker