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Cinéma

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Good night and good luck

USA -2005

Réalisation : George Clooney ; Scénario : George Clooney et Grant Heslov. (Prix du scénario à la Mostra de Venise 2005) ; Photo : Robert Elswit ; Production : Grant Eslov, Warner Independant Pictures, Section Eight.
Interprétation : David Strathairn (Edward R. Murrow le journaliste principal), George Clooney (Fref Friendly producteur de l’émission See it know) Patricia Clarkson (Shirley Wershba, journaliste), Robert Dooney JR (Joe Wershba, journaliste)
Auteur :

George Clooney.  Après des études de journalisme sur les traces de son père qui vénérait Edward Murrow, George Clooney devient joueur de base-ball puis finalement comédien. Lancé dans les années 90 par la série Urgences, il enchaîne ensuite avec les plus grands réalisateurs dont les frères Coen avec O’ Brother en 2000 et Intolérable cruauté en 2003, Soderbergh dans Ocean’s Eleven (2001) et Ocean’s Twelve puis réalise son premier long métrage Confession d’un homme dangereux en 2002. Elevé dans le respect de Murrow c’est en hommage à cet homme et aux 30 ans de journalisme de son père qu’il réalise ce deuxième film. (Ne manquez pas de visiter le site du film en français et en musique : http://www.goodnightandgoodluck-lefilm.com/ vous y apprendrez tous les détails de cette aventure).

Résumé :

1958 fête le triomphe d’une équipe de 6 journalistes qui par son courage et sa ténacité a réussi un exploit. Pour le connaître, un flash-back nous explique dans quelles conditions, avec quels moyens et comment elle s’en est prise au sénateur McCarthy à travers la figure dominante d’Edward R. Murrow qui animait une émission en direct sur la chaîne CBS. Une attitude qui renvoie aux pratiques de la presse d’aujourd’hui.

Analyse :

Dès la première séquence le réalisateur nous plonge dans l’ambiance des années 50 en ouvrant son film en noir et blanc sur une soirée de gala aux personnalités portant smokings et robes du soir, chignon banane impeccable et collier de perles éclatant. C’est un des rares plans larges du film car le parti pris de Clooney est d’utiliser ensuite les mêmes valeurs de plans très serrés de la télévision de cette époque. Puis nous revenons 4 ans en arrière pour comprendre l’importance de cette soirée : la mise à l’honneur d’une équipe de 6 journalistes qui a bravé, dans son émission d’actualité télévisée See it know, le sénateur McCarthy dans sa chasse au communisme. Le vrai journalisme d’investigation battait alors son plein et un homme, Edward R. Murrow a osé dresser un réquisitoire en direct contre cette « chasse aux sorcières » qui tournait à l’inquisition et à la délation familiale.

La force du discours est appuyée d’une part par la frontalité des gros plans de David Strathairn dans le rôle de Murrow (absolument remarquable) qui parle souvent face caméra et d’autre part par son impassibilité car il n’esquisse jamais aucun sourire mais termine immanquablement sa prestation par un très appuyé « good night and good luck » teinté d’une touche de snobisme, une cigarette fumante à la main. La force de conviction du personnage est également accentuée par une photographie irréprochable et des gros plans éclairés façon Harcourt. De plus l’astuce d’utiliser uniquement des images d’archives pour les discours du sénateur McCarthy et une musique de blues qui nous berce, nous rapproche encore d’avantage de cette époque.

Chez CBS, la salle de rédaction transformée en studios de télévision, ne permettait pas de filmer le décor et l’équipe de cette émission travaillait avec les moyens du bord et dans la promiscuité les pieds dans les machines et le nez sur les boutons de contrôle. Cette longue et dense réflexion que constitue le film ne manque pas de nous renvoyer aux conditions de confort matériel des journalistes de télévision d’aujourd’hui et surtout à la « sincérité » de leur propos politiquement correct. « Bonjour et quelle malchance »

Corine Eugène dit Rochesson