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Cinéma

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Gran Torino

(USA-Australie, 2008, 116 min)

Réalisation : Clint Eastwood ; scénario : Nick Schenk ; image : Tom Stern ; montage : Joel Cox et Gary Roach ; musique : Kyle Eastwood et Michael Stevens (Kyle est le fils de Clint, lequel interprète la chanson du générique de fin).
Interprétation : Clint Eastwood (Walt Kowalski), Christopher Carley (le père Janovich), Bee Vang (Thao, le jeune voisin hmong), Ahney Her (sa grande soeur)
Auteur :

L'admirable carrière d'homme-de-cinéma de Clint Eastwood, acteur dans 66 films, et célébrissime depuis ses rôles chez Sergio Leone (Pour une poignée de dollars, 1964 ; Et pour quelques dollars de plus, 1965 ; Le bon, la brute et le truand, 1966) ; 33 fois réalisateur, ce qui lui valut deux Oscars pour Impitoyable (1992) et Million Dollar Baby (2004) ; parolier, interprète ou compositeur d'une vingtaine de films... aurait pu se conclure sur Gran Torino, qui s'achève par sa mort sacrificielle (enfin, celle du personnage qu'il joue : n'en disons pas plus pour préserver un peu du suspense !) Mais d'autres films sont déjà en chantier ou en projet.

Résumé :

Walt Kowalski, tard dans sa vie, perd son épouse, et se retrouve seul, face à son quartier envahi par les niakwés, et à ses descendants qui ne méritent que son mépris : c'est ainsi qu'il voit les choses. Mais le hasard et la proximité font que ce vétéran de la guerre de Corée entre en contact avec la famille hmong (montagnards laotiens) de la maison voisine, découvre avec surprise qu'ils sont aussi humains que lui, et les prend sous son active protection.

Analyse :

Un film à ne pas rater, bien construit, dont l'histoire est simple et le rythme nerveux. Certes, Eastwood en fait des tonnes dans son rôle virulent et grimacier de réactionnaire raciste, mais cela accompagne d'une touche d'humour amer les montées parallèles du drame et de l'affection.
Le film, par son début et par sa fin, par le personnage du jeune prêtre Janovich et son difficile dialogue avec Walt, et par des références à la guerre en Corée dont l'actualité renouvelle sans cesse la pertinence, impose aussi la présence de la mort dans la vie des hommes. Cela donne une valeur émouvante à l'image de personnage veilli - et voulue telle, bien sûr - d'un Clint Eastwood dont l'énergie est certes toujours impressionnante, mais dont les (bientôt) quatre-vingts ans nous invitent à réfléchir sur ce à quoi a pu servir notre vie.
Ah ! Gran Torino ? La Ford Gran Torino Sport, superbe coupé à moteur V8 de 6.5 litres et 170 CV, rendu célèbre par Starsky et Hutch en 1975, et dont Kowalski conserve et bichonne un exemplaire de collection sorti de la chaîne où il travaillait. Elle suscite bien des convoitises...

Jacques Vercueil