Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

affiche

Inland Empire

USA ­ 2006 ­ 2H52

Réalisation :
Mise en scène, Scénario, Montage: David Lynch ­ Images : David Lynch, Éric Crary, Odd Geir Saether, Ole Johan Roska­ Son: David Lynch ­ Musique : Beck, Krzysztof Penderecki, Joseph Altruda, Bogussaw Schaeffer, Nina Simone, David Lynch ­ Production : David Lynch, Mary Sweeney.
Interprétation : Laura Dern (Nikki Grace/ Susan Blue), Justin Theroux (Devon Berk/ Billy Side), Jeremy Irons (Kingsley Stewart), Harry Dean Stanton (Freddie Howard), Grace Zabriskie (la voisine)
Auteur :
David Lynch en est à son dixième long-métrage. Après l'effrayant « Eraserhead » (1976), où sont contenues toutes ses obsessions qui hanteront son oeuvre future, il réalise un chef d Œuvre « Elephant Man »(1980), qui démontre son extraordinaire sens du fantastique poétique . Suivent « Twin Peaks » (1992), « Lost Highway »(1996), « Muhlholland Drive »(2000). C'est un maître du mystère, mais de celui qui se meut sous la réalité banale.
Résumé :

L'actrice hollywoodienne Nikki Grace jubile quand elle décroche le premier rôle féminin d'un film, où elle va tomber amoureuse de son partenaire Devon Berk, à la réputation de séducteur. Elle va croire que son destin se confond avec celui de l'héroïne. Mais, il y a eu un film, du même réalisateur, resté inachevé à cause de l'assassinat de ses deux vedettes... Nikki va errer entre toutes les « réalités », en proie aux tourments de son intérieur tourmenté.

Analyse :

Apparaissant de nombreuses fois dans le générique, Lynch n'est pas qu'un cinéaste, mais peintre et plus généralement, un génial « plasticien »(son oeuvre graphique est exposée actuellement à la Fondation Cartier à Paris sous le « The Air Is on Fire »). On raconte difficilement un film de Lynch, encore moins celui-ci, où le cinéaste semble s'être encore plus affranchi des contraintes de récit. La caméra circule dans des maisons, des appartements, erre de couloir en couloir, de rue en ruelle. Les images, les sons, les musiques sont extrêmement travaillés, ils concourent à créer sous nos yeux ébahis et charmés un monde mystérieux, aux recoins improbables. Liberté absolue de l'artiste ! Voilà un film « cubiste », surréaliste, extraordinairement imaginatif en images triturées mais belles, réalisé par un poète qui erre dans des mondes parallèles afin de capter les effluves de l'étrangeté au coeur du monde.« INLAND EMPIRE n'est pas un cercle mais plutôt une spirale (Š), une histoire n'est pas plate, elle a besoin de contrastes et de conflit »(Lynch en interview). Le personnage féminin, joué par Laura Dern, va traverser différents lieux (Hollywood et Lodz en Pologne !) à la recherche de son identité, comme hantée par divers mondes imaginaires. Lynch lui -même la filme en caméra DV (ensuite le film sera reformaté en 35 mm). Relation constante et quasi physique. La fin du film est totalement inattendue avec de jolies femmes dans une sorte de chorégraphie (!) et la voix de Nina Simone : »Don't you know that I need you ? ».
Lynch a souvent dit que le désir de faire un film provient d'une idée ou d'une image qui s'impose à lui. Et ensuite arrive le processus créatif, comme s'il extirpait de ses dons de visionnaire, toutes les séquences que lui dictent ses émotions. Lynch ne va pas « raconter » l'histoire, mais y « entrer », la pénétrer jusqu'à l'abstraction !
Alain le Goanvic

Avec Lynch, ou l'on marche et l'on accepte d'entrer dans un univers de poésie et de rêve.
Ou l'on ne marche pas, et l'on s'en tient à sa conception rationnelle et limitée ! À vous de voir
!