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Cinéma

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Joyeux Noël

(France 2005 ; durée : 1H55)

Réalisation : Scénario et réalisation : Christian Carion. Image : Walther Vanden Ende. Son : Pierre Mertens. Prod. : Christophe Rossignon. Distr. : UGC
Interprétation : Diane Krüger (Anna Sörensen), Daniel Brühl (Horstmayer), Benno Fürmann (Nikolaus Sprink), Guillaume Canet (Audebert), Gary Lewis (Palmer), Alex Ferns (Gordon)
Auteur :

Joyeux Noël est le second long métrage de Christian Carion qui a réalisé en 2001 Une hirondelle a fait le printemps

Résumé :

Nous sommes le 24 décembre 1914, sur le front près de Lens. Face à face et séparés par un glacis enneigé, d'un côté une unité allemande, de l'autre une section française et une écossaise. Dans les tranchées on se prépare à fêter la Nativité. On a ouvert des colis, débouché des bouteilles. Les Ecossais ont sorti leurs cornemuses. Et voilà que, de la tranchée allemande, une voix s'élève : celle de Nikolaus Sprink, un ténor connu, aujourd'hui homme de troupe. Il chante Noël, il chante "Heilige Nacht". A la mélodie a capella allemande répond bientôt l'accompagnement des cornemuses écossaises. La musique d'Orphée charmait les animaux sauvages. Ici, le chant a raison d'animaux plus féroces encore : les démons de la guerre dans les coeurs. De part et d'autre les soldats, désarmés, s'avancent vers ceux d'en face. Une incroyable fraternisation commence.

Analyse :

Inspiré par des faits réels (de telles fraternisations se sont effectivement produites en plusieurs endroits du front le 24 décembre 1914), ce film en est peu un conte de Noël, magique et tragique. Magique par l'éclair de fraternité humaine dont il illumine la nuit de la Grande guerre. Tragique par la brièveté de cet éclair et par le retour à cette même nuit qui n'en paraît que plus obscure et plus absurde.

Christian Carion a su trouver pour parler de la fraternisation elle-même des scènes à la hauteur de l'émotion qu'il veut communiquer : ainsi celle où, portant comme un candélabre un sapin de Noël illuminé, Sprink s'avance en chantant sur le glacis ; ou encore celle qui voit Allemands, Ecossais et Français réunis dans une cérémonie religieuse célébrée par un ministre écossais dans un latin qui retrouve là sa vocation de langue universelle. Par contre il est moins heureux dans les travaux d'approche de cet inouï moment de paix. La construction des personnages comme des intrigues adjacentes est assez télécommandée, et l'introduction dans l'histoire (et dans les tranchées) du personnage d'Anna Sörensen, soprano et maîtresse de Sprink, frôle le feuilleton et le surlignage sentimental. Mais oublions ces scories, et restons sensibles à la seule grâce de ces brèves heures où l'humanité de quelques uns a prévalu sur la folie des nations.

Jean Lods