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Cinéma

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La jeune fille à la perle

Girl with a pearl earing (2002) film britannique et luxembourgeois 1H40

Réalisation :

Réalisation : Peter Webber ; Scénario : Olivia Hetreed d'après Tracy Chevalier

Interprétation : Le rôle titre est tenu par Scarlett Johansson, nouvelle coqueluche d’Hollywood depuis Lost in translation de Cecilia Coppola. Elle fut également remarquée par Clint Eastwood qui la fit jouer dans l’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Vermeer est interprété par Colin Firth, acteur britannique abonné aux rôles de ténébreux : Valmont (1989) ; Le patient anglais (1996) Shakespeare in love (1998) et plus récemment dans le Journal de Bridget Johnes (2000).
Auteur :

Le réalisateur Peter Webber : on sait peu de choses de lui si ce n’est que c’est son premier long métrage pour lequel il a obtenu le Hitchcock d’Or et le Prix du Public au dernier festival de Dinard en octobre 2003.

Résumé :

Au XVIIème siècle à Delft une jeune fille doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle se retrouve servante chez le peintre Vermeer qui perçoit en elle une certaine sensibilité artistique. L’intérêt que va lui porter le maître va susciter des jalousies au sein de sa famille et des rumeurs dans la ville.

Analyse :

L’artiste du film est sans aucun doute le chef opérateur Eduardo Serra qui a su retrouver les teintes et les tons à la fois veloutés et lumineux de Vermeer, les rayons de lumière axés sur certains objets et l’atmosphère intime de ses toiles. Même si on ignore presque tout de la vie du peintre et de celle du modèle du tableau La jeune fille à la perle, on se demande pourquoi le réalisateur a autant négligé le roman de Tracy Chevalier dont il s’est soi-disant inspiré. Les réflexions protestantes voire puritaines de la jeune femme dans le roman sont absentes du film et ses pensées face aux œuvres nous manquent. Elles auraient pu soutenir le scénario qui ne sait pas s’il doit raconter la vie quotidienne à Delft au XVIIème siècle ou l’histoire d’une servante qui découvre l’amour et le monde. Une fois de plus Colin Firth joue les mystérieux et fronce du sourcil à qui mieux-mieux. Quant à Scarlett Johansson, dont le réalisateur ne cesse d’exhiber la bouche siliconée, elle reste souvent figée voire empotée, sans la grâce des femmes peintes par le maître. Les objets, les actions quotidiennes et les décors ont beau être parfaits ils manquent de corps. A un film très beau qui ne fait pas rêver et qui manque d’âme mieux vaut préférer un vrai voyage pour aller voir les toiles de Vermeer à La Haye ou à Amsterdam. Webber ne rime pas avec Vermeer car sa perle est en toc. Dommage.
(Corine Eugène dit Rochesson)