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Cinéma

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La petite prairie aux bouleaux

 France 2003 ; durée : 1H30

Réalisation :

Scénario et réalisation : Marceline Loridan-Ivens. Image : Emmanuel Machuel. Son : Dominique Vieillard. Prod. : Mascaret Films-ciné Valse. Distr. : Mars films

Interprétation : Anouk Aimée (Myriam), August Diehl (Oskar).
Auteur : Epouse et collaboratrice de Joris Ivens, Marceline Loridan-Ivens avait quinze ans en 1943 quand elle fut déportée à Auschwitz. Ce film, son premier, raconte sa propre histoire.
Résumé : Survivante d'Auschwitz, exilée aux Etats-Unis après la guerre, Myriam ne retrouve l'Europe qu'aujourd'hui. Une réunion à Paris d'anciens déportés est l'aiguillon qui la pousse à aller plus loin dans la confrontation avec sa mémoire : en Pologne. Cracovie d'abord, ville d'origine de sa famille ; elle y est guidée par un des rares Juifs encore là, et qui tient à jour un livre du souvenir. Auschwitz ensuite, où elle rencontre un jeune photographe allemand, petit-fils d'officier SS, venu aussi, à sa façon, faire face au passé.
Analyse :

Pas de reconstitution, ici, ni d'images d'archives. D'une sobriété et d'une pudeur extrêmes, ce film suit le parcours d'une femme revenant sur les lieux de l'horreur et explorant ses souvenirs dans un lent pèlerinage à travers ce qui reste du camp d'Auschwitz. Quelques rencontres marqueront sa quête, entre autres celle d'Oskar, le jeune photographe dont le grand-père était SS : rencontre rugueuse, mais essentielle dans cette confrontation qui se veut aussi réconciliation.

Quête, évocation, incantation, cérémonial, il y a de tout cela dans ce douloureux face à face avec les ombres où l'émotion naît sans cesse de l'articulation entre mémoire et présent. Ainsi ce cri, lancé par Myriam depuis le haut de la tour dominant le trop célèbre chemin de fer d'Auschwitz : "Je suis vivante !". Ainsi encore, alors que le train l'emporte loin de Auschwitz, son ultime vision à travers la vitre d'une jeune fille - rousse comme elle-même l'était en 1943 - dans la grande allée du camp : visiteuse d'aujourd'hui, ou fantôme d'hier ?

Jean Lods