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Cinéma

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(HWAL)

Corée du Sud 2004 -1h30

Réalisation : Réalisateur, scénariste, dialoguiste, monteur : Kim Ki Duk ; Photo : Seung-baek Jang ; Musique : Eun-il Kang ; Son : Hyun-soo Jeung ; Production : Kim Ki Duk Films
Interprétation : Yeo-reum Han (la jeune fille), Sung-hwan Jeon (le vieil homme), Ji-seok Seo (l’étudiant)
Auteur :

Kim Ki Duk est un cinéaste majeur de la Corée du Sud. Il est né en 1960. Il a réalisé successivement « Le crocodile » (1996), « L’île » (2000), « Printemps, été, automne, hiver… »(2003), « Locataires »(2004). « L’Arc » est son douzième film, présenté à Cannes 2005 dans la sélection "Un Certain Regard".

Résumé :

Un vieil homme vit avec une jeune fille qu’il retient loin du monde, sur un bateau en pleine mer. Il compte l’épouser lorsqu’elle aura 17 ans. Les pêcheurs, qui louent un emplacement sur l’embarcation, ne manquent pas de remarquer la ravissante jeune file, farouchement surveillée par son protecteur. Mais, les rêves de mariage de ce dernier tournent à l’obsession lorsque la jeune fille se sent attirée par un jeune homme qui accompagne d’autres pêcheurs sur le bateau.

Analyse :

Tourné en plein milieu aquatique (l’eau, un des éléments naturels majeurs du cinéaste), ce film nous livre une figure féminine, à la fois enfant et femme, dont le sourire illumine le monde. S’ajoute le symbole de l’arc, qui va évoquer et transcender la puissance masculine. Dans une ambiance envoûtante, rendue tangible par l’absence de mots entre le vieux pêcheur et la jeune fille et la répétition de thèmes musicaux qui semblent venir du ciel, nous naviguons sur la haute mer du Désir, moteur de l’acharnement têtu du vieil homme pour soustraire la jeune fille à l’amour que lui inspire le jeune homme. Les seuls dialogues sont prononcés par les gens extérieurs à la relation de ce couple quasi incestueux. Cadrage serré des visages qui parlent d’eux-mêmes et expriment l’innocence, le respect, la haine, la violence, la compassion, le désespoir, l’espérance.
C’est le simple (!) déroulement des passions humaines. Le vieil homme bande son arc, dans un rituel de divination, et c’est la jeune fille qui murmure à l’oreille la signification de l’impact des flèches sur la peinture du Bouddha peint sur le bord du bateau. Parfois, les flèches servent à intimider les hommes frustres qui jettent leur regard libidineux sur la fille ! et au bout de ces rituels et d’une cérémonie magnifique de mariage, il y a la dernière flèche, envoyée vers le ciel, qui retombera pour faire de la Vierge une Femme ! Dans ce film, loin d’une histoire genre « Lolita », Kim Ki Duk nous montre la pureté et la beauté du Sacrifice.

Alain Le Goanvic