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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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La trahison

français ; 1h25

Réalisation : Réalisation : Philippe Faucon ; Scénario : Philippe Faucon, Claude Sales d'après son roman "La trahison"
Interprétation : Vincent Martinez (Roque) - Ahmed Berrhama (Taïeb) - Cyril Troley (Vergnat), Luc Thuillier (Sansot) - Walid Bouzham (Ahmed) - Medhi Yacef (Hachemi).
Auteur :

Philippe Faucon est né au Maroc en 1958, non loin de la frontière algérienne. Il dit avoir ressenti tout au long de son enfance et son adolescence, "l'écho de la guerre d'Algérie - mais aussi le silence qui l'enveloppait". Il est l'auteur de 9 films et téléfilms. "Samia", sorti en 2001, racontait la lutte d'une jeune beurette confrontée au racisme et au poids des traditions.

Résumé :

Algérie 1960. Dans un village du sud-est algérien, Roque assure l'ordre et la sécurité. Il s'aperçoit que les hommes des villages avoisinants, soit-disant partis pour chercher du travail, ont probablement rejoint les rangs du FLN. Mais il se refuse à imaginer que les quatre arabes de son groupe (un harki et trois appelés) puissent envisager de faire de même. Il a des liens de confiance particuliers avec Taïeb qui partage sa vie depuis un an. Lorsque son supérieur hiérarchique lui révèle que les quatre hommes sont probablement impliqués dans un projet de trahison, son univers s'écroule et la défiance s'installe.

Analyse :

Point de manichéisme dans ce film. Les événements et les protagonistes sont montrés sans parti pris de donner absolument raison ou tort à tel ou tel camp. C'est la guerre, du moins une forme de guerre, de "pacification", que l'on nous montre de l'intérieur, à travers la vie quotidienne et les actions de ce groupe de soldats, obéissant aux ordres mais sans grande représentation de l'avenir de cette lutte. Il nous est montré aussi comment les soldats "français de souche africaine", ne parviennent pas à se faire vraiment considérer comme des français à part entière. Et comment monte peu à peu leur malaise face aux interventions qu'on leur demande d'avoir vis à vis des populations villageoises, soupçonnées d'aider les "fellagas". Avec beaucoup de sobriété Philippe Faucon fait apparaître combien leur situation est difficilement tenable. Et comment les germes de la "trahison" se développent.
Pas de musique "off" inutilement dramatisante (il n'y en a que pendant le générique de début et de fin). Pas d'insistance inutile et racoleuse sur les combats, les cadavres, la torture. Cette dernière n'est pas montrée mais brièvement suggérée lorsqu'un officier met en marche un disque pour couvrir le bruit au loin des cris d'un homme sous la torture.
Quelques scènes dans l'obscurité, où seule la lueur de quelques lampes électriques permet de suivre un peu l'action, nous rappellent qu'on est bien dans le bled et que c'est la nuit que les combattants du FLN venaient chercher auprès des gens des villages de la nourriture et de l'aide. Et c'est la nuit que la trahison devrait être consommée. La montée progressive de la méfiance et du sentiment d'insécurité va de pair avec l'augmentation du malaise chez les quatre arabes. Au moment de leur arrestation on reste dans le doute sur leurs réelles intentions et motivations.
Cette vision de la guerre d'Algérie nous change profondément des films de propagande et de justification de tel ou tel camp. Elle nous fait pénétrer beaucoup plus subtilement dans le mental des personnages et comprendre combien la situation de tous était piégée.

Maguy Chailley

Cinéma : les critiques de film de Pro-Fil
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La trahison

français ; 1h25

Réalisation :
Réalisation : Philippe Faucon ; Scénario : Philippe Faucon, Claude Sales d'après son roman "La trahison"
Interprétation :
Vincent Martinez (Roque) - Ahmed Berrhama (Taïeb) - Cyril Troley (Vergnat), Luc Thuillier (Sansot) - Walid Bouzham (Ahmed) - Medhi Yacef (Hachemi).
Auteur :
Philippe Faucon est né au Maroc en 1958, non loin de la frontière algérienne. Il dit avoir ressenti tout au long de son enfance et son adolescence, "l'écho de la guerre d'Algérie - mais aussi le silence qui l'enveloppait". Il est l'auteur de 9 films et téléfilms. "Samia", sorti en 2001, racontait la lutte d'une jeune beurette confrontée au racisme et au poids des traditions.
Résumé :

Algérie 1960. Dans un village du sud-est algérien, Roque assure l'ordre et la sécurité. Il s'aperçoit que les hommes des villages avoisinants, soit-disant partis pour chercher du travail, ont probablement rejoint les rangs du FLN. Mais il se refuse à imaginer que les quatre arabes de son groupe (un harki et trois appelés) puissent envisager de faire de même. Il a des liens de confiance particuliers avec Taïeb qui partage sa vie depuis un an. Lorsque son supérieur hiérarchique lui révèle que les quatre hommes sont probablement impliqués dans un projet de trahison, son univers s'écroule et la défiance s'installe.

Analyse :
Point de manichéisme dans ce film. Les événements et les protagonistes sont montrés sans parti pris de donner absolument raison ou tort à tel ou tel camp. C'est la guerre, du moins une forme de guerre, de "pacification", que l'on nous montre de l'intérieur, à travers la vie quotidienne et les actions de ce groupe de soldats, obéissant aux ordres mais sans grande représentation de l'avenir de cette lutte. Il nous est montré aussi comment les soldats "français de souche africaine", ne parviennent pas à se faire vraiment considérer comme des français à part entière. Et comment monte peu à peu leur malaise face aux interventions qu'on leur demande d'avoir vis à vis des populations villageoises, soupçonnées d'aider les "fellagas". Avec beaucoup de sobriété Philippe Faucon fait apparaître combien leur situation est difficilement tenable. Et comment les germes de la "trahison" se développent.
Pas de musique "off" inutilement dramatisante (il n'y en a que pendant le générique de début et de fin). Pas d'insistance inutile et racoleuse sur les combats, les cadavres, la torture. Cette dernière n'est pas montrée mais brièvement suggérée lorsqu'un officier met en marche un disque pour couvrir le bruit au loin des cris d'un homme sous la torture.
Quelques scènes dans l'obscurité, où seule la lueur de quelques lampes électriques permet de suivre un peu l'action, nous rappellent qu'on est bien dans le bled et que c'est la nuit que les combattants du FLN venaient chercher auprès des gens des villages de la nourriture et de l'aide. Et c'est la nuit que la trahison devrait être consommée. La montée progressive de la méfiance et du sentiment d'insécurité va de pair avec l'augmentation du malaise chez les quatre arabes. Au moment de leur arrestation on reste dans le doute sur leurs réelles intentions et motivations.
Cette vision de la guerre d'Algérie nous change profondément des films de propagande et de justification de tel ou tel camp. Elle nous fait pénétrer beaucoup plus subtilement dans le mental des personnages et comprendre combien la situation de tous était piégée. (Maguy Chailley)