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Cinéma

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La vie est un miracle

Serbie, 2h34

Réalisation : Emir Kusturica ; Scénario et dialogues : Ranko Bosic, Emir Kusturica; Photo : Michel Amathieu ; Décors : Milenko Jeremic ; Musique : Emir Kusturica, Dejan Sparavalo ;
Interprétation : Slavko Stimac (Luka), Natasa Solak (Sabaha), Vesna Trivalic (Jadranka), Aleksandar, Bercek (Veljo), Vuk Kostic (Milos), Nokola Kojo (Filipovic), Branislav Lalevic (le Président)
Auteur :

Emir Kusturica est né en 1954 à Sarajevo. Il est de nationalité serbe. Sa notoriété en France commence avec son second film "Papa est en voyage d'affaires" (1885). Parmi ses huit longs métrages citons particulièrement "Le temps des gitans" (1988), "Arizona Dream" (1993), "Underground" (1995). Il aborde déjà dans ce dernier film le problème de la guerre civile en Yougoslavie, thème qu'il reprend ici dans "La vie est un miracle".

Résumé :

Bosnie 1992. Luka, ingénieur serbe, sa femme Jadranka et leur fils Milos sont installés en pleine montagne, à proximité de la frontière entre Serbie et Bosnie. Le projet de Luka est de construire une voie ferrée qui transformera la région. Luka ne voit pas venir la guerre. Lorsque celle-ci arrive, sa femme disparaît au bras d'un musicien de passage et son fils est appelé sous les drapeaux, puis fait prisonnier. On confie à Luka la garde de Sabaha, otage musulmane, dont il tombe amoureux. Va-t-il se résoudre à l'échanger contre son fils ?

Analyse :

Ce film baroque, tonitruant et chaotique est très représentatif de l'oeuvre de Kusturica. Ceux qui le découvriraient ici auront la satisfaction de le faire avec la quintessence de ses thèmes, de ses obsessions et de son style. Tout est prétexte à scènes de bravoures où la musique, la fête, l'excès se déploient tant et plus. On peut être fatigué par tant d'exubérance mais elle témoigne à coup sûr d'un bel amour de la vie malgré la folie meurtrière des hommes.
Les personnages sont des "caractères" au sens où chacun représente un aspect fort typé de la nature humaine. Luka est sans doute le plus pacifique, au milieu d'un certain nombre d'autres, assez frustres et bagarreurs, dont on espère qu'ils ne représentent pas, aux yeux de Kusturica, les serbes et les bosniaques authentiques.
De très belles images dans ces paysages de montagne où la nature sert partiellement de refuge contre les dérives de la guerre civile. La musique, omniprésente, est un personnage à part entière du film, largement inspirée par la tradition tzigane.
Le titre se justifie à la fois par cette idylle naissante entre le serbe et la musulmane, qui donnera l'occasion d'une belle scène onirique (le lit des deux amants se transforme en nacelle volante au dessus de la campagne), mais surtout par la fin du film où nous voyons le héros sauvé de sa tentative de suicide par un âne qui a, lui aussi, des velléités d'autodestruction.

Maguy Chailley