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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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       La Vie Moderne

                  (documentaire français - 2008 - 1h30)

Réalisation :

Réalisation : Raymond Depardon.

Interprétation : Avec : Marcel Privat, Raymond Privat, Paul Argaud, Daniel Jean Roy, Alain Rouvière... dans leur propre rôle.
Auteur :

Raymond Depardon, né en 1942 à Villefranche-sur-Saône, a derrière lui une longue carrière de photographe d'abord (il fonde en 1966 l'agence de photographie Gamma avec Gilles Caron) puis de réalisateur, de documentaires principalement. Vont se succéder entre autres : "Reporters" (1981), "Faits divers" (1983), "Urgences" (1988), "Délits flagrants" (1994) avant qu'il n'aborde sa trilogie "Profils paysans" dont "La vie moderne" est le dernier volet, après "L'approche" (2001) et "Le quotidien" (2005). A travers cette trilogie il renoue avec ses propres racines paysannes. On lui doit aussi une fiction "Une femme en Afrique" en 1985. En 1990 il réalise "La captive du désert" avec Sandrine Bonnaire dans le rôle de l'archéologue Françoise Claustre, retenue en otage pendant 2 ans et demi au Tchad, qu'il avait interviewée pendant sa captivité.

Résumé :
Raymond Depardon a suivi pendant dix ans des paysans de moyenne montagne. Il nous fait entrer dans leur ferme et leur existence quotidienne avec un naturel extraordinaire. Ce film nous parle de nos racines et du devenir des gens de la terre.
Analyse :

Ce sont des portraits d'une espèce en voie de disparition que nous livre Raymond Depardon : des agriculteurs de plus de 80 ans habitant dans des fermes isolées en Cévennes, le plus souvent vivant de petit élevage et sans grand espoir de voir une suite à leur entreprise. Ce sont des "taiseux" par opposition à quelques jeunes qui seront aussi interrogés par Depardon et qui, eux, expriment avec plus d'aisance leur désarroi et leur incertitude sur la possibilité d'un avenir pour eux dans la région.
Raymond Depardon interroge avec patience (il ne craint pas qu'un long silence s'installe entre sa question et des réponses souvent très laconiques) et parfois insistance ( tel cet homme d'âge mûr resté à la ferme contre son gré et dont on ne saura jamais de quoi il rêvait réellement). Il s'agit de rendre compte d'un univers qui échappe totalement à la frénésie de consommation et de vitesse qui transparaît le plus souvent dans les images des médias. Ces médias pourtant présents dans la vie de ces hommes, témoin cette scène où Paul Argaud, seul dans sa ferme, assiste devant sa télé aux funérailles de l'abbé Pierre....
Rien ne nous est caché de l'âpreté (et de la beauté) des paysages, de la rusticité des intérieurs, de l'isolement de ces fermes, de l'attachement des hommes aux animaux qui les font vivre et qu'ils soignent. La mélancolie domine ainsi que l'interrogation sur l'avenir. Seul espoir exprimé : cette adolescente, parachutée à la ferme par le mariage de sa mère avec un des agriculteurs, qui semble se prendre au jeu et affirmer son désir de prendre la relève.
Un film documentaire révélateur et respectueux.

Maguy Chailley