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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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La visite de la fanfare

Israël 2007

Réalisation :
Réalisation, scénario et dialogues : Murali K. Thalluri ; Photo : Nick Matthews ; Musique : Mark Tschanz ; Son : Leslie Schatz, Francis Lindsay ; Production : M2 Entertainment
Interprétation : Teresa Palmer (Melody), Frank Sweet (Marcus), Sam Harris (Luke), Charles Baird (Steven), Joel Mackenzie (Sean), Clementine Mellor (Kelly), Marni Spilane (Sarah)
Auteur :

Murali K. Thalluri. Tout jeune réalisateur israélien, «La visite de la fanfare» est son premier film. On s’accorde à lui prédire un bel avenir.

Résumé :

La Fanfare de la Police d’Alexandrie (8 exécutants !) se rend en Israël pour l’inauguration d’un centre culturel arabe. Mais, avec pour tout viatique linguistique un anglais approximatif, et jouant de malchance, notre équipe débarque en plein désert, en un tout autre lieu que celui où elle était attendue. On retrouvera le bon chemin, mais au terme d’une nuit «de fortune» où nos huit gaillards vont se trouver répartis chez des autochtones compatissants.

Analyse :

Ce film, sans grande prétention cinématographique, est un trésor de petites choses sur le thème de la découverte de l’amitié, de l’émotion entre gens dont on nous dit qu’un long conflit de «race» les sépare. Peu d’intrigue : chacun, au hasard de son hôte ou de son hôtesse, va partager la nuit. Nous voici dans un Israël du bout du monde, dans un bistrot modeste où patronne et rares clients locaux sont abreuvés de solitude sinon de désespoir. Et l’imprévu arrive avec ces militaires d’opérette, pourtant venus en voisins et tout auréolés de «l’ailleurs» et du prestige de l’uniforme : mais quel uniforme ! D’un bleu roi insolent. Les voici décontenancés par l’inconfort de la situation. Suivront autant d’histoires, mi tendres, mi loufoques, qu’il y a de logeurs (et de logeuse !) bénévoles, dans l’attente du premier car du matin qui les mettra sur le bon chemin. On appréciera les nombreux gros plan de visages, longuement exposés, qui mieux qu’un long discours, sont un vrai langage : témoignant de la compassion du réalisateur inspiré par sa conviction : débarrassés des scories de la société où l’on nous impose de vivre, en feignant de nous accorder une part de choix, les prolétaires que l’on dit ennemis d’hier et d’aujourd’hui, sont faits pour le dialogue et la solidarité de tous les jours : message d’espoir pour ces populations martyrisées. On appréciera aussi quelques instants savoureux malgré leur brièveté, et où Tati et Kaurismaki ne sont pas très éloignés !

Jacques Agulhon