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Cinéma

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Le bonheur d'Emma

Allemagne 2006 1h34

Réalisation :
Réalisateur : Sven Taddicken ; Scénariste : Claudia Schreiber d'après son roman "Les amis d'Emma"; Coscénariste : Ruth Toma ;
Interprétation : Jördis Triebel (Emma) – Jürgen Vogel (Max) – Hinnerk Schönemann (Hans) ; Compositeurs : Christoph Blaser, Steffen Kahles
Prix : Prix d'interprétation féminine et Grand prix de la ville de Valenciennes, prix à Séville, Mons, Paris, Hampton.
Auteur :

Sven Taddicken est allemand. Il a déjà réalisé un premier film percutant "Mon frère ce vampire", où il parlait de la vie sexuelle des handicapés. Il dit aimer se confronter aux grandes questions de la vie comme "comment faire face à la mort".

Résumé :

Max apprend par le médecin que ses jours sont comptés. Il vole l’argent de son meilleur ami et fuit avec la voiture de celui-ci dans l’intention de partir pour Mexico. Un accident le fait atterrir dans la cour de la ferme d’Emma. Une rude paysanne qui vit seule, dans la compagnie de ses cochons et de ses volailles. Couverte de dettes, elle doit quitter sa ferme. L’arrivée de Max l’épanouit tandis qu’elle-même aidera le condamné à accepter son destin dans la paix.

Analyse :

Ô mort, où est ta violence ?
Un film drôle sur la mort douce ? Un film rude sur la vie à la campagne ? Un film fort sur l’amour de la vie tout court, une manière saine de l’accepter pour le meilleur et pour le pire, sans drame, sans mélo. L’humour et la gravité ne sont pas incompatibles , à l’image de la vie même.
Emma est ce personnage fruste et pourtant capable d’une étonnante sensibilité pour accompagner ses cochons sans souffrance et sans cris jusqu’à la dernière goutte de leur sang.
Ceux qu’elle traite sans ménagement, par contre, sont les créanciers et les amis raisonnables qui lui veulent du bien. Tous ceux qui ne comprennent pas sa soif de liberté mais aussi son manque d’amour. Recevant Max comme un cadeau, elle découvrira à la fois sa féminité et l’amour passion. En retour, elle l’aidera à se débarrasser de la peur de la mort, plus éprouvante que la mort elle-même.
La caméra mobile nous met au cœur de l’action, notamment, performance étourdissante, au cœur de l’accident spectaculaire . On n’a plus conscience d’être au cinéma , on marche, on vit avec les personnages et quand survient la scène finale…
La musique style Country, accompagne agréablement le décor de la campagne allemande, sans jamais peser sur l’action.
Il faut voir cet excellent film, qui conforte la place que le cinéma allemand, après God bye Lenine et La vie des autres, est en train de reconquérir dans le concert des nations !

Arlette Welty Domon