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Cinéma

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Le candidat

France (2007)– 1h35

Réalisation :
Mise en scène et scénario : Niels Arestrup – Images : Romain Winding - Montage : Sylvie Gadmer – Son : Brigitte Taillandier - Décors : Ivan Maussion - Musique : Sébastien Souchois, Olivier Innocenti, Christophe Oger - Production : ADR Production
Interprétation : Yvan Attal (Michel Dedieu) – Georges (Niels Arestrup) – Maurice Bénichou – Clotilde de Bayser – Sophie Broustal – Guillaume Galienne
Auteur :
Niels Arestrup est un acteur confirmé (environ 25 films), qui se lance maintenant dans la mise en scène avec ce premier film .
Résumé :

Peu avant l’élection présidentielle d’un État européen non identifié, Michel Dedieu est amené à remplacer au pied levé le candidat de son parti, mis hors course à cause d’un cancer fulgurant. Au lendemain du premier tour, il ne lui reste que très peu de temps pour préparer avec son équipe, imposée, de campagne, le débat télévisé qui l’opposera à son adversaire. 

Analyse :

Voulant me renseigner sur la genèse du film, qui quand même tombe à pic en ces temps de campagne présidentielle, je prends connaissance d’une interview du cinéaste où il déclare avoir écrit le scénario en 2003 « dans la foulée du traumatisme du 21 avril 2002 » mais absolument pas « dans la perspective de la présidentielle 2007 ». Puis tournage etc., et le distributeur choisit le 11 avril 2007 pour diffuser le film, à 11 jours du premier tour ! ce choix « commercial » est à mon avis bienvenu, car il n’y a pas de risque de trouver une quelconque allusion aux péripéties actuelles, parfois risibles sinon affligeantes.
En fait, ce film est passionnant : il nous montre ou plutôt suggère les états d’âme d’un candidat lancé malgré lui dans la course présidentielle. Dedieu rencontre le doute, les hésitations quant au contenu des discours qu’il doit tenir. Observateur lucide et mélancolique de son équipe dite de campagne, qui ne semble guère croire à son succès !
Yvan Attal donne une allure pathétique au personnage, par ses silences, son regard à la fois aigu et désabusé, et le scepticisme grandissant. Sa préparation au grand débat (pugilat télévisé) d’entre les deux tours se présente mal. Mais, la personnalité du « vrai » Michel Dedieu finira par s’affirmer au bout de ce long tunnel . Les images sombres, et la musique très subtile et variée, vont participer de cette trajectoire parfois chaotique (les relations tendues avec sa femme développent une tension diffuse), On entend soudain deux coups de feu, espacés, qui crèvent littéralement l’écran et dont on ne sait d’où ils viennent et quelle est leur signification, c’est comme une sourde menace.
Film introspectif, en quelque sorte, qui nous donne à voir ce qu’on ne pourra jamais voir chez nos chers candidats : être un homme (ou une femme !), tout simplement comme… les autres. Nous sommes loin de l’image d’êtres inoxydables que nous présente la télé tous les soirs. Il y a un personnage étrange qui hante les pensées du candidat, c’est Georges (incarné par Arestrup) sorte de parrain vivant dans l’ombre (au sens propre, les images ne le montre jamais en pleine lumière)et qui tire les ficelles.
Paradoxalement ce film nous repose de la « politique », en nous invitant à la réflexion sur ceux qui la font !
(Alain Le Goanvic)