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Cinéma

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Les conséquences de l’amour

Italie 2004 , durée 1h40

Réalisation : Réalisation et scénario : Paolo Sorrentino ; Image : Luca Bigazzi ; Musique : Pasquale Catalino ; Production : Domenico Procacci - Fandango SRL ; Indigo Film Italie
Interprétation : Toni Servillo (Titta di Girolamo) - Olvia Magnani (Sofia) - Adriano Giannini (Valerio) - Raffaello Pisu (Carlo) - Angela Goodwin (Isabella)
Auteur :

Paolo Sorrentino est né le 31 mai 1970 à Naples. En 2001, il avait réalisé son premier long métrage « L’ Uomo in piu », qui a été présenté au Festival de Venise. Il reste inédit en France. Présenté au Festival de Rotterdam, « Les conséquences de l’amour » représentait l’Italie dans la Sélection Officielle à Cannes 2004. Sorrentino, cinéaste prometteur, affiche un goût prononcé pour le romanesque et la description d’un monde entre la satire et la tragédie.

Résumé :

Titta Di Girolamo, homme élégant approchant la soixantaine, est installé dans un hôtel de la Suisse italienne depuis huit ans. Silencieux, distant avec le personnel et les clients, il vit dans une terrible routine. Sa vie bien réglée cache un secret,mais lequel ? Il se rend régulièrement en voiture dans une banque, afin d’y déposer une valise pleine de billets.. On apprend qu’il il est contraint de travailler pour la mafia (blanchiment d’argent), en paiement d’une dette. Une relation amoureuse qui s’ébauche, la soudaine disparition d’une valise contenant 8 millions de dollars (subtilisée par des « cousins » du chef de la mafia, Nitto), la volonté d’en finir avec cette vie de reclus, provoqueront une accélération du destin de Titta.

Analyse :

Il ne faut pas moins de quarante minutes au réalisateur pour nous faire découvrir que Titta est un rouage de la mafia…Mais le film n’est pas un film policier. Il a une portée psychologique, car par le style du film (longs travellings, gros plans sur le visage compassé du personnage, voix off débitant des remarques désabusées sur les hommes, sur la vie moderne, sur les relations entre les gens) nous sommes amenés à partager la vie profonde d’un homme qui subit sa vie au lieu de la créer. Titta ressemble à cette statue de cire qui apparaît dans le générique, défilant sur un tapis roulant, et qui au bout de sa course s’engouffre dans une porte, en traînant une lourde valise. Les remarquables cadrages, les images soignées d’un univers lisse et glacé, les différents morceaux successifs de musique qui ponctuent les scènes, la lenteur puis la brusque accélération des gestes de Titta quand il doit partir à la banque, tout concourt à exprimer une étrangeté des choses. « Vous avez volé ma vie. Et moi j’ai volé votre valise » dit il à Nitto, lors de sa « comparution ».
Affirmation dérisoire de la liberté individuelle devant une force écrasante et impitoyable !
« Ne pas sous-estimer les conséquences de l’amour »avait-il écrit sur son carnet personnel.
La dernière image du film apporte enfin l’émotion qui manquait à ce personnage fantôme : celle de son meilleur ami, perdu de vue depuis longtemps…

Alain Le Goanvic