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Cinéma

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Le secret de Brokeback Mountain

USA  -  2h 14min

Réalisation : Réalisateur : Ang Lee ; Scénario : Larry McMurtry et Diana Ossana ; Photographie : Rodigo Prieto ; Compositeur : Gustavo Santaolella ; Production : Diana Ossana –Good Machine- Focus Features
Interprétation : Heath Ledger (Ennis), Jake Gyllenhaal (Jack), Michelle Williams (Alma), Anne Hathaway (Lureenn)
Auteur :

Ang Lee, originaire de Taïwan, a été remarqué pour Garçon d’honneur (Ours d’Or à Berlin 1993), puis Salé Sucré sorti en 1994. Tourne surtout aux US : Raison et Sentiments (1995)- Tigre et Dragon (2000) et le très célèbre Hulk ! "Brokeback Mountain" obtient le Lion d’Or au Festival de Venise de 2005.

Résumé :

Été 1963, Wyoming. Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont embauchés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Isolés au milieu d’une nature sauvage, leur complicité se transforme en une attirance physique irrésistible. Arrive la fin de la saison de transhumance, les deux hommes se séparent. Chacun se marie, devient père de famille. Ils se revoient quatre ans plus tard et décident de se rencontrer régulièrement, sans changer leur vie maritale.

Analyse :

L’évolution des idées et des mœurs a modifié notre attitude vis à vis de l’homosexualité. Le cinéma est un véhicule important visant à une plus grande compréhension, sinon acceptation, du phénomène. En tout cas, on ne peut que saluer le cinéma américain d’Hollywood (=grand public) d’avoir le courage de présenter des films qui disent clairement les choses, et de dénoncer à leur manière la répression séculaire sur les différences sexuelles. Ainsi, on peut citer dans ce registre :« Philadelphia » de J. Demme, « Loin du Paradis » de Todd Haynes, deux films remarquables. Ang Lee avait abordé le sujet dans « Garçon d’honneur », mais sur un mode plus léger.
« Brokeback mountain » est un film qui émeut, sans tomber dans le mélodrame. C’est peut être la notion d’amour « impossible » qui nous touche, un amour qui s’impose et ne s’explique pas. Ennis, d’ordinaire peu bavard, raconte à son ami un traumatisme d’enfance (la vision du cadavre d’un homosexuel sauvagement assassiné, que le père lui montre pour l’exemple !). Ennis vit dans la peur que cela se reproduise, dans la honte aussi qu’il ressent (ainsi il garde le silence face à sa femme et ses deux filles) et le conduit à refuser de refaire sa vie avec Jack. De ce fait le spectateur peut alors s’identifier à Ennis et à compatir devant l’horreur de la « bonne conscience », qui conduit au crime.
De très belles images de nature, mais un film de facture« classique ». La plus belle scène se situe à la fin quand Ennis se rend chez les parents de Jack. Tournées en couleurs sombres, les images nous montrent l’Amérique pauvre, presque misérable. C’est aussi l’Amérique profonde, pleine de préjugés et de sous entendus, qu’incarne le vieux père, qui a tout compris des relations de son fils (mort, probablement assassiné) avec les hommes. Alors que sa femme montre sa compassion et sa compréhension, complétant ainsi l’aspect émotionnel de la scène.

Alain Le Goanvic