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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Le temps qui reste

France 2005

Réalisation : Réalisation et scénario : François OZON
Interprétation : Melvil Poupaud (Romain), Jeanne Moreau (Laura),Valérie BruniTedeschi (Jany), Daniel Duval (le père), Marie Riviere ( la mère).
Auteur :

Après plusieurs courts et longs métrages François Ozon s’est révélé au grand public en rassemblant dans la même aventure 8 Femmes toutes actrices bien aimées des spectateurs, puis nous a troublés avec l’étrange Sous le sable (2.000) et joué de notre perspicacité avec Swimming Pool (2.003). 5 x 2 en 2004 n’a pas laissé beaucoup de traces.

Résumé :

Romain, 30 ans, photographe de mode, apprend qu’il n’a que deux ou trois mois à vivre, victime d’un cancer généralisé. Il rompt alors avec son copain, ses amis,son travail, ne dit rien à ses parents dont il se détourne. Il a décidé de mourir seul.

Analyse :

ll y avait déjà un mort dans 8 Femmes dont on cherchait parmi elles l’assassine. Invisible donc. La place du mort, Sous le sable, était plutôt énigmatique et pesait de toute son absence sur la souffrance de sa compagne Charlotte Rampling. Cette fois c’est LA mort, SA mort qu’un jeune homme doit dès le début du film regarder en face. Le personnage n’entraîne pas la sympathie du spectateur et semble ne l’attendre de personne à l’exception de sa grand mère parce que dit il « elle va mourir bientôt ». Impressionnant ce chemin de deuil solitaire qu’il entreprend alors, pour finir dans d’admirables images de plage, aux derniers rayons de soleil, alors que tous les baigneurs qui l’entouraient se sont retirés, point unique dans l’immensité. Le seul personnage qu’il n’a cessé de traquer dans ses rêves c’est lui-même, enfant, cet enfant qui ouvre le film de dos se dirigeant vers la mer. C’est sans doute dans ces images d’ouverture et de fin qu’il faut comprendre cette volonté de prendre absolument distance de tout et de tous (sauf par l’entremise du portable ou de l’appareil de photo !), chasser toute émotion , tout regret, tout regard sur l’Après. C’est sans doute pour cela qu’Ozon introduit dans son récit la demande inattendue d’une femme que Romain lui fasse un enfant (en présence du mari !) et qu’il fera de cet enfant son légataire universel. Le soussigné, poursuivi par beaucoup de questions devant ce récit, a cru trouver dans la théologie du détachement de l’âme de Maître Eckhart une correspondance qui ferait de Romain une sorte de mystique laïque. Que je respecte sans y adhérer.

Jean Domon