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Cinéma

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Libero

« Anche libero va bene »

Italie – 2006 – 1h48

Réalisation :
Mise en scène : Kim Rossi Stuart ; Scénario : Linda Ferri, Federico Stamone, Francesco Gianmusso , Kim Rossi Stuart ; Images :Stevano Falivene ; Montage :Marco Spoletini ; Son : Mario Laquone ; Décors : Stefano Giambanco ; Musique : Banda Osiris ; Production : Palomar ;
Distribution : MK2 Diffusion
Interprétation : Kim Rossi Stuart (Renato,le père), Barbara Bobulova (la mère), Allessandro Morace (Tommi, le fils), Marta Nobili (Viola, la fille)
Auteur :
Kim Rossi Stuart est vedette de cinéma et de télévision. Il apparaît notamment dans « Romanzo criminale » de Michele Placido. Il débute dans la réalisation avec « Libero », présenté à la Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2006.
Résumé :

Tommi, 11 ans, sa grande sœur Viola et leur père Renato forment une famille unie dans l’affection, mais aussi dans une tension sous jacente, depuis que la mère les a abandonnés.
Renato a des difficultés professionnelles. Tommi observe le monde de son regard à la fois tendre, consterné et distancié.

Analyse :

D’emblée, il y a une façon de filmer qui capte l’intérêt. D’abord, environ vingt minutes de séquences toutes centrées sur Tommi dans sa vie quotidienne : réveil difficile avec rudoiements affectueux de la sœur et du père, chemin vers l’école, participation à la classe, retour et détour par le toit de l’immeuble (où le garçon a une cachette), exercices de piscine, repas en famille. On appelle çà l’exposition, et il est clair que c’est le regard de l’enfant qui sera la trame même du film ! Et puis, dans une scène saisissante de vérité, réapparaît la mère qui supplie son mari de la reprendre. Les enfants attendent, angoissés par la réaction de rejet que le père affiche avec véhémence. Plus tard, dans la nuit , démocratiquement, les trois de la famille voteront pour que la mère reste. Il faut alors capter le regard de Tommi, qui est aussi le nôtre, spectateur « engagé ». Un regard inoubliable, au charme émouvant, exprimant la lucidité et la tristesse, la détermination et la tendresse à l’égard de ses parents à la dérive.
Quel est le désir de Tommi, sa préoccupation majeure ? Abandonner la piscine (imposée par le père) et faire du foot ! Jouer avant-centre ou bien "libero", c’est-à-dire en défense centrale, position qui permet aussi des actions d’attaque ?. Et qu’en est-il de sa mère absente ? Il la voudrait bien à la maison, mais il ne lui fait pas confiance (« elle va et vient » !). Il ne peut pas agir pour que sa mère reste, c’est une affaire entre parents. Il pressent probablement que son père, qui est en situation d’échec, ne peut guère remonter la pente. Par contre, le jeune Tommi saura imposer la décision pour accéder à son rêve ! Apprendre l’autonomie peut commencer très tôt dans la vie… Il faut bien se préparer à vivre, en effet. Et cette victoire ne s’accompagne pas d’une rupture avec son père. Au contraire, ils se réconcilieront. Quant à la mère, elle griffonne un mot à son fils, qui ménage l’avenir !
Beau film, sincère, vivant, remarquablement interprété. Un bon point pour le jeune cinéma italien, qui peu à peu fait surface. (Alain Le Goanvic)