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Cinéma

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Lions et agneaux

USA, 2007 durée : 1H30

Réalisation :
Réalisateur : Robert Redford ; Scénariste : Matthew Michael Carnahan ; Directeur de la photographie : Philippe Rousselot ; Compositeur : Mark Isham ; Monteur : Joe Hutshing ; Chef décorateur : Jan Roelfs ; Producteurs : Andrew Hauptman, Matthew Michael Carnahan, Tracy Falco, Robert Redford ; Société de production : United Artists, U.S.A.
Interprétation : Tom Cruise (Jasper Irving), Meryl Streep (Janine Roth), Robert Redford (Dr Stephen Malley)
Auteur :

Robert Redford est né à Santa Monica en 1936. Après ses études universitaires il opte pour le théâtre, puis tourne dans des séries télévisées qui le feront connaître du grand public. Il débute au cinéma en 1961 mais ne sera connu en France qu’avec La poursuite impitoyable d’Arthur Penn en 1966. Il joue dans de nombreux films à caractère politiquement engagés comme Les hommes du Président (Alan J. Pakula, 1976) ou Brubaker (Stuart Rosenberg, 1981) puis réalise lui-même ses films en particulier dans Out of Africa (1985). Il est fondateur du Festival du Film Indépendant de Sundance.

Résumé :

Trois parties du récit sont imbriquées en temps réel : L’une est constituée par l’interview d’une heure d’un Sénateur dévoré d’ambition par une journaliste qui répugne à être manipulée. La seconde consiste dans le débat entre un professeur de sciences politiques et son étudiant dilettante sur la valeur de l’engagement. La troisième est l’application terrible, dans le laboratoire de la guerre en Afghanistan, des positions évoquées dans les deux premières discussions.

Analyse :

Ce passage à la pratique sert de contrepoint à tout le discours théorique développé dans les deux autres parties du film. Il est nécessaire, et nécessairement totalement décalé. Il s’agit d’un autre monde, ignoré par les protagonistes de Washington ou de la côte ouest, qui ne connaissent que les bureaux confortables, les formules de politesse, ou les à-priori et les plaisirs d’étudiants issus de milieux favorisés. Le sénateur expose à la journaliste sa nouvelle stratégie contre le terrorisme, le professeur évoque l’engagement citoyen de deux anciens étudiants que l’on voit dans ce même temps mourir isolés dans la neige et le froid des montagnes afghanes au cours d’une des nouvelles opérations de sacrifice absurde décidées par l’homme politique. Pendant la première guerre mondiale, riche en de tels sacrifices d’hommes de troupe, les mots « lions » et « agneaux » distinguaient ceux qui combattaient dans les tranchées de ceux qui commandaient à l’arrière.
Cette construction rend le discours très didactique. Il peut même sembler difficile à suivre si un spectateur non anglophone est devant la version originale sous-titrée. Les sous-titres sont longs pour rester fidèles à l’exposé mais difficilement lisibles dans le temps de leur apparition. De ce fait il peut être recommandé de choisir, pour une fois, la version française. Dans les débats, les arguments des deux points de vue sont judicieusement choisis et les dialogues sont enrichissants. C’est un film qu’il vaut la peine de voir. Il est juste et courageux mais difficile dans son exigence.

Nicole Vercueil