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Cinéma

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Machuca

Film chilien, espagnol, français, britannique. Durée : 2h

Réalisation : Scénario et réalisation : Andrés Wood ; Image : Miguel J. Littin ; Production : Andrés Wood Producciones, Tornasol Films ; Distribution : Ocean Films
Interprétation : Matias Quer, Ariel Mateluna, Manuela Martelli, Aline Küppenheim
Auteur :

Après des études d'économie au Chili, Andrés Wood part à New-York en 1990 pour y poursuivre des études de cinéma. Machuca est son troisième long métrage après Historias de Futbol (1997) et La Fiebre del loco (2001), sélectionné aux festivals de Venise, Toronto et Biarritz. Ces deux films sont inédits en France.

Résumé :

Gonzalo Infante a onze ans. Il est le fils d'une famille bourgeoise de Santiago du Chili. Pedro Machuca, onze ans également, vit aussi à Santiago, mais dans un bidonville. Le premier est élève du collège catholique de St Patrick ( très huppé, très british) que dirige le Père Mac Enroe. A priori, aucune raison pour le second de jamais entrer là, mais le Père Mac Enroe croit au métissage social comme ferment de paix. Dans la classe de Gonzalo, il intègre une poignée d'enfants indiens pauvres, dont Machuca. Mélange d'autant plus détonnant que nous sommes en 1973 et que le régime de Salvador Allende vit ses derniers jours. Mais de cette atmosphère électrique va naître une sorte de coup de foudre : l'amitié entre Gonzalo et Pedro.

Analyse :

Si le thème central du film est la relation  entre deux enfants, cette amitié n'est pas de celles qui se tissent en marge d'un monde laissé à l'arrière plan. Ici, la petite histoire de Gonzalo et Pedro, se confond avec  la grande, celle du Chili en 1973. Elle se forge dans le creuset des manifestations pour Allende et des contre manifestations pour demander son départ, elle s'édifie dans la prise de conscience par les deux garçons du clivage entre classes et des tensions sociales. Elle meurt aussi de cette grande histoire, quand tout bascule, quand, après le coup d'état militaire et le suicide d'Allende, l'armée prend partout le pouvoir, et quand, dans le collège où le Père Mc Enroe a été limogé, l'uniforme de l'officier remplace la soutane du prêtre.
La mièvrerie guette souvent les films où les héros sont des enfants, comme si parler de l'enfance faisait y retomber. Machuca  évite ce piège : ni "cuculs", ni faux adultes, Gonzalo et Pedro sont remarquables de justesse. Il en évite encore deux autres : celui qui plombe d'un message indigeste les films à résonance politique, et celui qui étouffe les films se passant à une autre époque sous la housse des oripeaux visant à une reconstitution trop appuyée.

Jean Lods