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Cinéma

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MARY

USA/France/Italie - 2005 -1h25

Réalisation : Réalisateur : Abel Ferrara ; Scénario : Simone Lageoles, Mario Isabella, Abel Ferrara ; Image : Stefano Falivene ; Son : Davide Magara ; Musique : Francis Kuipfer ; Producteurs : Fernando Sulichin et de Nigris Production
Interprétation : Juliette Binoche (Mary) - Forest Whitaker (Thédore) - Matthew Modine (Tony Childress) - Heather Graham – Marion Cotillard
Auteur :

Albert Ferrara est américain, il est né en 1952. « Fear City »(1984) ; « Bad Lieutenant »(1992) ; « Snake eyes »(1993) ; « Nos funérailles »(1996)… tous ces films montrent une certaine outrance dans la description sans concession de l’enfer des ville américaines. Mais ses personnages sont souvent hantés par le désir de rédemption.

Résumé :

Mary est une actrice qui vient de tourner un film, où elle incarne le personnage de Marie Madeleine, l’amie de Jésus. S’identifiant à elle, elle abandonne sa carrière pour se consacrer à la vie spirituelle. Théodore journaliste de télévision, anime une série d’émissions sur Jésus et se voit brutalement confronté à sa propre existence avec la naissance prématurée de son enfant. Et il y a le réalisateur, Tony, qui veut défendre son film « This is my blood », lequel commence à susciter des réactions violentes.

Analyse :

Il y a un côté baroque dans ce film, mélangeant fiction(s) et télé-réalité. Le début montre Mary qui entre dans le tombeau vide du Christ, puis la « fuite » de l’actrice du plateau de tournage. Mary/Juliette est belle dans son mystère personnel.
Plus tard, dans une émission de télé, nous découvrons Théodore, journaliste noir qui donne un ton très personnel à ses entretiens sur Jésus avec un rabbin. Puis on est avec Jean-Yves Leloup (théologien catholique), spécialiste de « L'Évangile de Marie » ! Ensuite, c’est l’avant-première du film du réalisateur Tony : images fortes, paroles profondes exprimées avec solennité. Il y aura l’entretien télévisé : Théodore, au bord de la crise de nerfs (sa femme vient d’accoucher dramatiquement d’un enfant prématuré) s’en prend au réalisateur au sujet de son film qui donne lieu à controverses. Celui-ci, ambigu dans ses propos, veut défendre son film à tout prix.
Alors que le destin de Mary semble de plus en plus nous échapper (elle vit à Jérusalem où se passe un attentat palestinien), c’est le personnage de Théodore qui va s’imposer dans le film, avec en particulier la grande scène dans l’église, où, pris d’exaltation métaphysique, il implore Dieu à genoux, faisant penser à Hervey Keitel dans « Bad Lieutenant ».
Ce film est-il « religieux » ? Je ne crois pas. Il apporte la question spirituelle dans notre monde matérialiste et impitoyable. Le film reste toutefois dans une sorte d’extériorité, bien loin du cheminement intérieur. C’est comme si la mise en abyme, ébauché avec le film sur Marie Madeleine, devenait comme un gadget. Il reste que le style du film, usant du travelling et du mixage d’images vidéo et en 35mm, et la proximité physique des personnages, filmés en plans rapprochés ou en gros plans, émet une sorte de séduction.

Alain Le Goanvic