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Cinéma

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Mon meilleur ami

France, 2006 – 1h34

Réalisation :
Mise en scène: Patrice Leconte ; Scénario et adaptation : Jérôme Tonnerre, Patrice Leconte (d’après une histoire originale d’Olivier Dazat) ; Images : Jean-Marie Dreujou ; Montage : Joëlle Hache ; Son : Paul Lainé, Dominique Hennequin ; Décors : Ivan Maussion ; Musique : Xavier Demerliac ; Production : Fidélité, TF1 Film Production, Lucky Red
Interprétation : Daniel Auteuil (François), Dany Boon (Bruno), Julie Gayet (Catherine), Julie Durand (Louise), Jacques Mathou (père de Bruno), Marie Pillet (mère de Bruno)
Auteur :
Cinéaste éclectique et assez prolifique : près de 25 longs-métrages, dont « Les Bronzés »(1978)( 1979) (2005), mais surtout « M. Hire »(1989), « Le mari de la coiffeuse »(1990), « Ridicule » (1996), « Confessions trop intimes » (2006).
Résumé :

Un antiquaire sur-actif, sous pression et assez imbu de lui-même, fait le pari de présenter son « meilleur ami », dans un délai de dix jours, à son associée qui l’a sévèrement mis en cause dans un repas en ville. Il se lance alors dans une recherche compulsive et jette finalement son dévolu sur un chauffeur de taxi, volubile et chaleureux. Mais, peut-on tricher avec l’amitié ? 

Analyse :

Dans le paysage cinématographique français, de nombreux films de cinéastes français nous sont proposés chaque année. Beaucoup nous présentent leur premier film et ce sont souvent des œuvres intéressantes (Éric Caravaca, Jean Pierre Darroussin). Et puis il y a les cinéastes « confirmés » dont Pascal Thomas, Robert Guédiguian, Benoît Jacquot, Philippe Garrel et Patrice Leconte, qui, chacun dans son style, apportent leur contribution à la richesse du cinéma français…Il faut prendre acte de cette diversité, même si on peut déplorer que le « cinéma d’auteur » souffre actuellement d’une audience limitée du public.
« Mon meilleur ami » est une comédie, qui se sert admirablement d’un Daniel Auteuil (François) au sommet de son art. Celui-ci incarne avec brio un homme d’affaires en crise. Ce n’est pas nouveau, rappelons nous « Romuald et Juliette », « Le huitième jour », et même « La doublure ». Un nouveau venu au cinéma, Dany Boon (Bruno), fait aussi l’affaire dans le rôle de l’ami instrumentalisé par François.
Pourquoi ce film réussit-il à nous toucher ? La mise en scène est subtile, discrète même. Elle part d’une idée simple de scénario, mais dont la trame comprend un seul moteur : comment va s’y prendre François ? Leconte nous décrit, sans en faire des tonnes, un homme seul, alors qu’il se croit entouré d’amis, et qui confond business et sentiments. En fait, il ne prend pas au sérieux la remarque acerbe de son associée « tu n’as pas d’amis ! ». Relevant le pari, il montrera la vanité, et aussi la cruauté, de sa « conquête » pseudo amicale. Patrice Leconte utilise également la télévision en subvertissant Jean Pierre Foucault, filmé en « fiction » dans son propre rôle d’animateur de jeux télévisés. Cela donne une séquence où s’exprime une réelle intimité entre François et Bruno, moment de grâce livré en pâture aux téléspectateurs! Mais nous spectateurs du film, nous ne sommes pas piégés car l’histoire prend une autre allure. Des sentiments vrais vont enfin s’exprimer. Et Dieu merci, nous sommes au cinéma et non à la télé ! (Alain Le Goanvic)