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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Moscow Belgium

(Aanrijding in Moscou)

Belgique, 2008, 1h42

Réalisation :

Christophe von Rompaey - Scénaristes : Jean-Claude van Rijckeghem et Pat van Beirs - Photographe : Ruben Impens - Compositeur : Tuur Florizone - Monteur : Alain Dessauvage - Décorateur : Steven Liégeois - Ingénieur du son : Dirk Bombey - Production : A private view Belgique - Distribution: Bac Films France

Interprétation :

Barbara Sarafian (Matty), Jurgen Delnaet (Johnny), Johan Heldenbergh (Werner), Anemone Valcke (Vera), Sofia Ferri (Fien), Julian Borsani (Peter).

Auteur :

Christophe van Rompaey, né en 1970 à Gand, débute comme premier assistant dans de nombreux courts et longs métrages. Après obtention de son diplôme au Brussels RITS Movie Academy, il réalise trois courts métrages qui suscitent l'intérêt par leur style visuel : Grijs (1996), Ex.#N°1870-4 (2000), et Oh, my God?! un an plus tard. Il réalise également pour la télévision Team Spirit – the series et la série comique Halleluja. Son premier long métrage, Moscow, Belgium, a remporté le Krzysztof Kislowski Award à Denver et le prix ACID et SACD à Cannes.

Résumé :

Abandonnée par son mari qui l'a quittée pour une femme deux fois plus jeune, Matty (41 ans) vit avec ses trois enfants à Moscow, banlieue populaire de Gand, en Belgique. Sur le parking d'une grande surface, sa voiture se fait accrocher par le camion de Johnny (29 ans), séparé depuis dix-huit mois de son ex-femme. Ce banal accident va pourtant bouleverser l'existence de Matty ; car, malgré les mises en garde de Werner son mari de nouveau amoureux d'elle et le regard ironique de Véra sa fille aînée, Matty contre toute attente et presque malgré elle s'éprend de Johnny...

Analyse :

Voici un film qui rend heureux, qui tour à tour amuse et émeut profondément.
Clin d’œil à Paris Texas , Moscow Belgium est un road movie sentimental au sein d’une petite banlieue ouvrière de Gand. L’excellent scénario, co-écrit par le producteur lui même, développe l’ histoire simple mais non simpliste des conséquences affectives d’une engueulade sur un parking qui débouche sur un coup de foudre.
Métaphore de toutes les plaies et bosses de la vie, la collision initiale n’est que le coup d’envoi d’une comédie dramatique enracinée dans la vie quotidienne d’une famille de la classe moyenne qui permet à un large public de se sentir concerné. La construction convaincante et efficace de cette histoire se déploie avec un rythme soutenu, à travers des dialogues justes et constamment drôles sans vulgarité.
Justesse aussi et richesse du dessin de chacun des caractères des adultes comme des enfants - Matty, l’employée des postes fougueuse et authentique, abandonnée par son mari pour une de ses jeunes élèves ; Werner, le mari artiste dessinateur qui voudrait garder à la fois sa femme et sa maîtresse ; Johnny, le beau camionneur italianisant, plus jeune que Matty mais très amoureux d’elle et qui séduit ses jeunes enfants mais irrite Véra, sa fille adolescente. Il faut insister sur l’interprétation toute en finesse de Barbara Sarafian en Matty, une femme au milieu de sa vie, encore amoureuse de son mari ou plutôt de son bonheur de jeune fille amoureuse. Non seulement on ne s’ennuie pas un seul instant mais, -quelquefois pas très loin des larmes-on rit ou on sourit tout le temps.
Ce renouveau de la comédie dramatique romantique sur fond réaliste n’est pas sans évoquer parfois Bergman et sa peinture des rapports entre hommes et femmes ou mères et filles ; et ce très brillant premier long métrage d’un jeune réalisateur flamand fait honneur au nouveau cinéma belge.

Jean-Michel Zucker