Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

Munich

Etats-Unis, 2005, 2h40

Réalisation : Réalisation : Steven Spielberg ; Scénario : Tony Kushner et Eric Roth, d'après Vengeance de George Jonas ; Image : Janusz Kaminski ; Musique : John Williams ; Producteur : Barry Mendel ; Distribution : UIP
Interprétation : Eric Bana - Daniel Craig - Mathieu Kassovitz - Michaël Lonsdale - Yvan Attal ; Marie-Josée Croze
Auteur :

S'il est vrai que Steven Spielberg, né en 1946, est devenu le réalisateur juif le plus célèbre d'Hollywood, il a cependant longtemps tu sa judéité. Sa célébrité, il la devait à des films comme Les Dents de la Mer (1975), E.T. (1982), Indiana Jones (1984, 1989), Jurassic Park (1993). C'est avec La Liste de Schindler qu'il aborde pour la première fois l'histoire de son peuple. Puis il crée en Israël la Shoah Foundation. Aujourd'hui, là-bas, il est l'objet d'une certaine fierté, même si certains contestent le regard qu'il porte sur l'histoire de son pays.

Résumé :

Jeux Olympiques à Munich. 5 septembre 1972 : un commando de 11 hommes d'une organisation palestinienne baptisée "Septembre Noir" fait irruption au petit matin dans le pavillon israélien du village olympique de Munich. Ils emmènent 10 athlètes en otages. Tous seront massacrés. Ceci, c'est l'histoire. Le film de Spielberg s'attache aux pas d'un jeune agent du Mossad, Avner, désigné par le gouvernement israélien pour prendre, avec quatre compagnons, la tête d'une mission de représailles contre les terroristes. Ils laissent derrière eux leur pays, leur famille, leur identité. Mais pas leur conscience d'homme : Avner et ses hommes entrent en enfer...

Analyse :

Le film de Spielberg a déclenché une vraie polémique aux Etats-Unis et divise l'opinion en France. Les israéliens y sont montrés comme des tueurs, alors que les palestiniens bénéficient d'une clémence intolérable, disent les détracteurs du film. D'autres trouvent en Spielberg une humanité et un courage intellectuel indiscutables. A chacun de se former une opinion. Certes, Spielberg ne cherche pas à éluder la cruauté des représailles israéliennes : la séquence de la bouteille de lait où on le voit qui s'écoule aux côtés du palestinien abattu à bout portant, et se mêle à son sang, en dit long sur la fragile frontière entre justice et vengeance. Tout acte de terreur doit être sanctionné par une réponse, affirme Spielberg, mais il faut débattre du type de réaction si on veut éviter de générer une spirale de violence sans fin. Demeure cette question : peut-on calibrer la violence ?
Avner, de retour en Israël, une fois sa mission accomplie, est félicité par ses chefs. Il demeure inerte et articule faiblement :"je n'existe pas.... je ne sais pas où est ma place". Un film grave, mais qui parfois fait la part trop belle au "film de genre" : course-poursuite, cris, coups de feu, bain de sang...Gardons alors en mémoire ces mots de Spielberg :"Mon film est une prière pour la paix".

Françoise Lods