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Cinéma

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Nue Propriété

français, belge - 1h 30 - 2006

Réalisation :
Réalisation : Joachim Lafosse ; Scénario et dialogue : J. Lafosse et François Pirot ; Images: Hichame Alaouie ; Son : Benoit de Clerck ; Montage : Sophie Vercruysse.
Interprétation : Isabelle Huppert - Jerémie et Yannick Renier – Patrick Descamps - Kris Cuppens
Auteur :
Joachim Lafosse est belge, né à Uccle en 1975 . Prix du meilleur court-métrage au Festival de Namur en 2001 pour son film "Tribu". Premier long métrage non diffusé en France « Ça rend heureux » , sur l’histoire d’un jeune cinéaste au chômage !
Résumé :

Une femme divorcée vit dans une grande maison avec ses deux fils, jumeaux inséparables âgés de 20 ans qui s’estiment les propriétaires de cette maison et considèrent leur mère comme à leur service. Jusqu’au jour où celle-ci décide de vendre le domaine mais devant l’opposition farouche des garçons , de les laisser se débrouiller seuls. Les dissensions latentes entre les frères éclatent de plus en plus violemment jusqu’à l’accident fatal. La douloureuse prise de conscience des dégâts sonnera la liquidation de la propriété, nue et sans usufruit. 

Analyse :

Ah ces Belges décidemment, ils n’ont pas fini de nous surprendre ! La tension progressive du drame est servie par une savante écriture qui joue à la fois sur l’apparente banalité des situations et des décors du début (les repas autour de la table, les séances de canapé ou de télévision, les rires et les jeux des garçons dans les champs) ; et sur un usage oppressant de la caméra avec ses prises de vues inattendues et ses longs plans-séquences fixes, qui vont de plus en plus fortement nous saisir d’angoisse.
Face à cette mère immature dont Isabelle Huppert rend à merveille les éclats de colère et les silences impuissants, se sont ligués puis se détruisent ces deux faux jumeaux (le gentil brun et le méchant blond ) qui n’ont pas su grandir et que le moindre dérèglement dans leur existence figée ne peut que déstabiliser. Se déchaînent alors en désordre la suspicion, la jalousie, l’égoïsme , la cupidité , la peur et finalement la violence dans un huis clos de plus en plus étouffant où toute intervention extérieure est priée de se taire. La toute fin de cette triste histoire, aussi surprenante en image qu’en son (la seule musique du film) nous invite à remonter jusqu’en son origine et ouvre de multiples questions : juridiques (cf le titre et ce qu’il veut nous dire ) - pédagogiques (les rapports mère/fils, l’équilibre des fonctions parentales, l’éducation à la responsabilité, etc ) - éthiques ( vérité et mensonge ; culpabilité ; amour/haine, etc..) mais aussi biologiques (les naissances gémellaires) et donc aussi bibliques (cf Jacob/Esaü et Genèse 38/28 !)
(Jean Domon)