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Cinéma

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Persepolis

France - 2007 - 1h35

César 2008 : meilleur premier film, meilleure adaptation

Réalisation :
Réalisation : Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud ; Animation : Marc Jousset, Christian Desmares ; Décor : Marisa Musy ; Montage : Stéphane Roche ; Musique : Olivier Bernet ; Diaphana Distribution
Interprétation : Avec les voix de : Chiara Mastroiani (Marjane adolescente et adulte) - Catherine Deneuve (la mère) - Danielle Darrieux (la grand-mère) - Simon Abkarian (le père) - Gabrielle Lopez (Marjane enfant) - François Jerosme (Oncle Anouche)
Auteur :

Marjane Satrapi est de nationalité franco-iranienne. Elle est née en Iran en 1969, sous le régime du chah dans une famille de militants communistes. Elle a connu le basculement révolutionnaire, la guerre Irak-Iran, une adolescence à Vienne puis un retour dans son pays au plus fort de l'oppression islamiste. Vincent Paronnaud est de nationalité française. Il est né en 1970. Ils viennent tous les deux d'un ateliers d'albums de bandes dessinées. Vincent Paronnaud avait déjà réalisé deux courts métrages d'animation lorsque Marjane Satrapi lui a demandé sa collaboration pour l'adaptation en film de ses quatre b.d. autobiographiques publiées sous le titre de Persépolis. Leur film a obtenu le Prix du Jury au Festival de Cannes 2007.

Résumé :

Téhéran 1978 : Marjane a huit ans et songe à l'avenir. D'une famille très engagée politiquement elle suit avec exaltation les événements qui vont mener à la révolution. Avec l'instauration de la république islamique, elle doit porter le voile. Ses positions rebelles devenant problématiques, ses parents l'envoient en Autriche pour la protéger. Elle y fréquentera une bande de punks nihilistes et de doux rêveurs. De retour en Iran quelques années plus tard elle découvre que le régime ne faiblit pas et oppresse toujours autant en particulier les femmes.

Analyse :
Le festival de Cannes semble avoir maintenant l’habitude d’inclure dans sa sélection officielle un exemplaire du genre : film d’animation. Après Shrek, Spirit puis Les triplettes de Belleville (qui avaient introduit un style proche de la b.d.) c’est maintenant l’auteure même d’une b.d. qui nous propose Persepolis. Mais cette fois le contenu est beaucoup plus corrosif et lié à l’actualité récente. Cette autobiographie de Marjane Satrapi a le style impertinent d’une b.d. pour adolescents ou adultes, même lorsque l’héroïne n’est qu’une petite fille. Sa fausse naïveté lui fait jeter un regard acéré sur ce monde qui l’entoure à travers les transformations et les soubresauts politiques de l’Iran. Tout ceci est exprimé à travers des trouvailles visuelles multiples que le noir et blanc exalte, en particulier à propos du voile islamique… On peut être gêné par les voix qui paraissent trop "occidentales". Mais dans la mesure où le film a été réalisé pour un public français, ce parti pris se justifiait. Et la démonstration fonctionne concernant l’absurdité et la cruauté du régime des mollahs. On peut craindre, hélas, que ce film ne soit pas vu dans le pays dont il conteste le fonctionnement, puisqu’il a déjà provoqué des protestations du pouvoir iranien. Et c'est pourtant aux iraniens que s'adresse Marjane Satrapi lorsqu'elle déclare, lors de la remise du prix du Jury à Cannes : "Pour ma part même si ce film est universel, je tiens à dédier ce prix à tous les iraniens".
(Maguy Chailley)