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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Phénomènes

USA - 2008 - 1H50

Réalisation :
Réalisation et scénario : Night Shyamalan - Dir. Photo : Tak Fujimoto - Montage : Conrad Buff - Musique : James Newton Howard - Production : Barry Mendel, Night Shyamalan - Distribution : Fox
Interprétation : Mark Wahlberg (Elliot Moore), Zooey Deschanel (Alma), John Leguizamo, Betty Buckley
Auteur :

Né en 1970, à Pondichéry (Inde), il grandit dans la banlieue de Philadelphie. Alors qu’il a déjà réalisé deux longs-métrages en 1992 et 1998, il acquiert la notoriété avec « Sixième sens » en 1999. Ses films suivants continuent l’exploration du surnaturel, dans une ambiance imprégnée du fantastique qui naît du monde quotidien : Incassable (2000), Signes (2002), Le Village (2004) et La jeune fille de l’eau (2006).

Résumé :

Soudain, apparemment sans signe avant-coureur, une vague de suicides collectifs s’empare du Nord-Est des États-Unis, démarrant à Central Park à New York, pour se propager sur toute la côte Est. Les populations fuient l’épidémie, imputée d’abord à des attentats terroristes, puis à un phénomène naturel inconnu. L’humanité est menacée.

Analyse :

Tout part de la fameuse prophétie d’Einstein : quand les abeilles disparaîtront de la surface de la terre, l’humanité sera vouée rapidement à l’anéantissement. Or cela vient précisément de commencer… Alors qu’ Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, interroge avec décontraction ses élèves sur les raisons possibles de cette disparition des abeilles !
La première image forte du film est de lire la perplexité du professeur sur son visage. Ses connaissances scientifiques et ses certitudes d’homme « raisonnable » vacillent devant un phénomène inexplicable. Que faire devant une terrible menace qui tue aveuglément, implacablement ? Certains suicides sont horribles.… Fuir avec sa famille et son ami et collègue d’université, fuir ? mais où ? Car l’intelligence des choses n’est pas possible, ici et maintenant : trois siècles de progrès du savoir pour rien !?
Le cinéaste, par des procédés simples, montre le désarroi des foules stupéfaites, tenant des propos incohérents, avant de se suicider. Est-ce le souvenir de ce matin du 11 septembre où les gens s’arrêtaient dans les rues, les yeux remplis de terreur ? Le récit fonctionne à partir d’un fantasme de l’homme du XXI è siècle, qui serait de perdre tout contact avec notre monde habituel. Tous nos points de repère peuvent disparaître, notre façon de réfléchir s’avérer dérisoire, alors qu’un vent mauvais souffle dans les arbres, secoue les arbustes, glisse le long des prairies…. C’est la mort qui se précipite sur nous. La nature se révolte contre l’homme ! Que faire ? aller avec les autres ou encore s’en éloigner ? Qu’est ce qui arrive donc avec la nature ? une des réponses : nous l’avons trop oubliée ! Une préoccupation écologiste apparaît, c’est un peu convenu. Mais, l’idée est intéressante.
Le film est efficace. Il nous laisse imaginer comment nous serions dans une telle situation où rien ne peut nous protéger, quand il devient évident que notre sacro-sainte sécurité n’est plus assurée. Le gouvernement ? il ne sait plus faire. Il est incompétent. Le citoyen est démuni. Elliot finit par deviner ce qui peut les sauver de la mort, lui, sa femme, et leur nièce. Il va découvrir le sens de la relation vraie, ce n’est peut-être pas suffisant pour sauver le monde. La famille « nucléaire » peut même envisager de s’agrandir, mais le danger persiste. Le film n’est pas aussi naïf qu’il pourrait nous sembler !

Alain Le Goanvic