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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Ping-pong 

allemand 1H30

Réalisation :
Réalisation : Matthias Luthardt ; Scénario : Matthias Luthardt, Meick Hauck ; Image : Christian Marohl ; Son : Jacob Ligner ; Musique : Matthias Petsche ; Production : JUNIFILM
Interprétation : Interprétation : Sebastian Urzendovwky, Marion Mitterhammer, Clemens Berg, Falk Rockstroh
Auteur :
Matthias Luthardt est né en 1972 à Leiden. Se destinant d'abord à une carrière pianistique, il y renonce à 22 ans. Il étudie la littérature d'abord à Tübingen puis à Lyon où il découvre le cinéma. Après des études de journalisme, des stages à la radio, il s'inscrit dans une école de cinéma et s'oriente d'abord vers le documentaire. "Ping-pong" est son premier long-métrage de fiction.
Résumé :

Paul débarque, sans avoir prévenu, chez son oncle et sa tante, pour passer quelques jours de vacances. Son cousin, d'abord réticent, s'intéresse à ce nouveau compagnon de jeux, qui va le distraire de ses préparatifs à une audition de piano, très importante pour son avenir. Anna, la mère, réticente aussi, semble se laisser prendre peu à peu à ce personnage silencieux.

Analyse :

C'est à un huis-clos familial que nous fait assister Matthias Luthard. Dans cette famille apparemment très rangée et bourgeoise, Paul intervient un peu comme le sauvageon, appartenant à un autre monde. Après le suicide de son père, Paul vient changer d'air auprès de cette famille dont il ne sait pas grand chose. L'accueil est d'abord froid et peu incitateur à s'installer. Le seul à ne pas manifester d'hostilité est "Schumann" le chien, adoré et câliné par Anna, la mère. Le fils s'appelant Robert, on comprend une passion ancienne de Anna pour le piano, passion qu'elle essaie de réaliser par personne interposée : Robert. Et ce fils ne semble l'intéresser qu'à travers ce rêve de réussite musicale. Son mari part souvent en voyage professionnel et un tel voyage va l'éloigner de la maison quelques jours.
Paul observe et s'efforce de se faire accepter de Robert (parties de ping-pong, camping en forêt, élagage d'arbre), Robert qui l'interroge, avec une maladresse insigne, sur les conditions du suicide de son père. Pour se faire accepter de ses oncle et tante, Paul va proposer de s'occuper de la rénovation de la piscine. Il est attiré par sa tante qui ne reste pas insensible à ses attentions. Pendant ce temps, Robert, angoissé par l'approche de l'audition, essaie de noyer son stress dans l'alcool. Anna, juge implacable de ses erreurs pianistiques, prend Paul à témoin et ne voit pas le désarroi de son fils.
Admirablement interprété par les trois protagonistes, ce huis clos s'avance peu à peu vers un sombre dénouement. Paul, pris au piège de cette attirance pour sa tante (attirance réciproque à laquelle elle va céder), va croire à l'"amour" et ne comprendra pas qu'au retour de son mari elle veuille faire comme si rien ne s'était passé. Sa décision de priver Robert de son piano, après qu'il ait échoué à son audition, révèle sa cruauté. Paul quittera alors la maison après s'être vengé.
La musique n'est présente d'abord dans le film qu'à travers celle que joue Robert. Elle prendra plus de place à la fin lorsque le dénouement approche.
Si le thème de l'initiation à l'amour d'un adolescent par une femme plus âgée est bien présent dans ce film il est mêlé à d'autres (un "étranger" servant de révélateur aux vraies relations familiales, un enfant utilisé par ses parents au profit d'une ambition déçue...), qui rendent ce film très complexe et très intéressant sur le plan psychologique. (Maguy Chailley)