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Cinéma

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Quand j'étais chanteur

France – 1H52 Sélection Officielle Cannes 2006

Réalisation : Mise en scène, scénario et dialogues : Xavier Giannoli ; Images : Yorick Le Saux ; Montage : Martine Giordano ; Son : François Musy ; Décors : François-Renaud Labarthe ; Musique : Alexandre Desplat ; Production : Europacorp, Rectangle productions, France 3 Cinéma
Interprétation : Gérard Depardieu (Alain)- Cécile de France (Marion) – Mathieu Almaric (Bruno) – Christine Citti (Michèle) – Patrick Pineau (Daniel) – Alain Chanone (Philippe Mariani)
Auteur :

Xavier Giannoli a déjà réalisé deux films : « Les corps impatients » (2002) – « Une aventure » (2004)

Résumé :

Alain Moreau, pas loin de la soixantaine, est chanteur de variétés et se produit dans des dancings, salles de Comités d’ entreprise ou maisons du 3ème âge. Il chante des tubes des années 70-80. Un peu blasé mais pas trop, il croit encore à son métier. Il rencontre une jeune femme, qu’il drague avec charme et sensibilité. Mais les lendemains vont-ils… chanter ?

Analyse :

Encore un film français de la compétition cannoise, qui n’a remporté aucun prix ! (Heureusement, il y a eu « Flandres » et « Indigènes », ne nous plaignons pas).
Mais, il ne faut pas négliger ce troisième long-métrage de Xavier Giannoli, car il dégage une atmosphère attachante, séduisante même. Que cet homme, incarné par Depardieu avec un naturel époustouflant, « tombe » un soir une belle jeune femme grâce au célèbre tube de Bruno Delpech « Pour un flirt » n’est pas l’essentiel du film ! Le portrait de cet homme, empâté et en doute sur sa vie, sur son métier, finit par nous émouvoir. Après la « coucherie » émerge progressivement la tendresse du regard de Marion, qui elle aussi est en crise (divorcée, avec un petit garçon, dont elle se sent loin).
Film d’ambiance, plutôt en hommage aux chansons ringardes et sentimentales, qui enrichissent le répertoire de la chanson française : il n’y a pas que Brel, Brassens ou Léo Ferré pour ouvrir et émouvoir les cœurs ! Force est de constater que le film fonctionne, le récit capte notre attention, mais il a un côté surprenant. Rythmé par les visites de maisons (car Alain veut changer de maison, mais il n’arrive pas à se décider malgré les efforts de Marion qui travaille pour une agence immobilière), le récit est en fait basé sur un état d’âme de passivité et de mélancolie humoristique qui finit par émouvoir Marion et nous avec !
Présence incroyable de Depardieu, avec son épaisseur et ses vêtements parfois trop larges, qui chante les romances d’antan : on le voit dans un dancing, dancing si réel (on a l’impression d’être dedans), où toutes sortes de couples dansent, se frôlent, semblent vivre un temps et un monde entre parenthèses, où l’on oublie le quotidien (cela ne vous rappelle rien ?).
Deux cœurs en peine vont finir par se dire la tendresse qui manquait tellement à leur vie.
À Cannes, entre deux films beaux et terribles, ce fut un havre de paix pour le cinéphile, qui confusément attendait un peu d’air frais…

Alain Le Goanvic