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Cinéma

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Quand la mer monte

franco-belge  1h33

Réalisation : Réalisation : Gilles PORTE et Yolande MOREAU ; Scenario :G.Porte et Y.Moreau
Interprétation : Yolande MOREAU (Irène) - Wim WILLAERT (Dries) et l'apparition de Olivier Gourmet- Séverine Caneele- Jacky Berroyer, etc.
Auteur :

Yolande MOREAU, comédienne d'origine belge, a d'abord été remarquée pour sa pièce Sale Affaire. Elle a ensuite fait quelques apparitions au cinéma (Sans toit ni loi, Le lait de la tendresse humaine, Une part du ciel) . C'est Jérôme Deschamps qui la révèlera au grand public avec les Deschiens.

Résumé :

Comédienne itinérante, Irène fait rire les salles de théâtres, centres culturels, ou maisons de retraite avec son spectacle "Sale affaire". Elle est dépannée sur la route par un marginal, porteur de "géants" dans les fêtes flamandes, qui s'attache à elle et lui sert de partenaire dans sa tournée. Une tendre relation s'établit jusqu'à ce qu'Irène se reprenne et y mette fin pour retrouver son mari et son enfant.

Analyse :

La rengaine éponyme du film "Quand la mer monte", (de Raoul de Goedwaervalde) très populaire dans le Nord, illustre, selon la réalisatrice, le fond de cette histoire. La mer "puissante comme le désir et salée comme les larmes" efface toute trace sur le sable. Quant à la forme, c'est une éblouissante réalisation, festive et passionnée, pleine d'humour et de fantaisie débridée, d'émotion et d'émerveillement.
L'intrigue se tisse avec un naturel bon enfant, sans préméditation des protagonistes, étonnés de leur bonheur d'être ensemble et qui l'acceptent avec une joie presque enfantine.
Les décors sont à la mesure de leurs découvertes sentimentales ou de leurs fantasmes: tour à tour somptueux, comme les routes du Nord bordées d'arbres penchés par le vent ; mystérieux, comme les scènes de théâtres où Irène méconnaissable sous son masque effrayant fait rire, mais inquiète aussi ; rocambolesques comme le capharnaüm où Dries entrepose ses géants et ses petites trouvailles (comme les crabes rok n'roll) ; oniriques comme la tapisserie de l 'hôtel qui se transforme en champ d'hortensias où Irène apparaît torse nu à Dries ou comme l'entrée de la raffinerie illuminée de nuit, devenant le pont-levis où s'avance le chevalier Dries au pas lourd de son destrier de labour !
Une caméra très mobile sans pour autant conduire à la nausée : on participe à la fête flamande de l'intérieur, comme on assiste au spectacle d'Irène avec les vrais publics filmés en direct.
Derrière la caméra, ou sur les planches, Yolande Moreau manie toujours aussi bien la drôlerie, l'émotion , la tendresse et la poésie.

Arlette Welty-Domon