Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

Qui a tué Bambi ?

France 2003 ; durée : 2H06

Réalisation :

Réalisation : Gilles Marchand ;Scénario et dialogues : Vincent Dietschy, Gilles Marchand ; Image : Pierre Milon ; Musique : Alex Beaupain, Carlos Dalton, François Eudes, Lily Margot, Doc Mateo ; Montage : Robin Campillo ; Production et Distribution : Haut et Court

Interprétation : Sophie Quinton (Isabelle "Bambi"), Laurent Lucas (Dr Philipp), Catherine Jacob ( Véronique)
Auteur : Né à Marseille en 63, Gilles Marchand a d'abord réalisé des courts métrages mais s'est surtout fait connaître comme scénariste. C'est à lui qu'on doit le scénario de "Ressources humaines" et de "Harry, un ami qui vous veut du bien". "Qui a tué Bambi ?" est son premier long métrage.
Résumé :

Isabelle est élève-infirmière dans un grand hôpital et affronte avec appréhension la réalité de la mort (qu'il faut annoncer aux proches), du sang (au bloc opératoire). Sujette à des vertiges, elle est surnommée Bambi par le Dr Philipp, car comme Bambi elle ne tient pas sur ses jambes. Ce docteur au comportement étrange l'effraie et la fascine à la fois. Elle entrevoit chez lui un comportement étrange qu'elle s'efforce de comprendre, se retrouvant seule dans cette quête de la vérité.

Analyse :

Ce film joue sur les oppositions de couleur : le blanc à l'intérieur de l'hôpital (les vêtements, les couloirs, les lumières), le noir à l'extérieur (beaucoup de scènes de nuit, les vêtements sombres du Dr Philipp...). Mais ce n'est pas le blanc qui est rassurant, ni le noir nécessairement angoissant. L'angoisse d'Isabelle (et celle du spectateur) monte au gré des sonorités étranges qui accompagnent l'arrivée de ses vertiges mais aussi qui résonnent à l'arrière plan du silence des couloirs, la nuit. Si l'on sait très vite que le docteur Philipp n'est justement pas "tout blanc", le suspense va porter sur la capacité d'Isabelle à comprendre ce qu'il est vraiment, ce qu'il fait et comment le prouver. Tâche d'autant moins facile que le poids des relations hiérarchiques empêche tout soupçon vis à vis d'un médecin si compétent.

L'ambiguïté des rapports entre ce dernier et Isabelle (attraction - répulsion) montre à quel point cette dernière est fascinée par cet homme qui ne peut vouloir une femme que si elle est totalement sans défense et sans volonté. Des scènes de rêve nous montrent Isabelle réalisant certains fantasmes contre lesquels elle s'efforce de lutter pour faire avancer la vérité. Quelques longueurs vers la fin altèrent un peu le rythme de ce film qui est très efficace par ailleurs, dans ce jeu subtil de va et vient et parfois de confusion entre un univers réaliste, celui de l'hôpital, et un univers de fantasmes.
(Maguy Chailley).