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Cinéma

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Retour à Gorée

Documentaire - Luxembourg – Suisse - 1h 42 - 2007

Ce film a remporté le Prix Suissimage du meilleur documentaire suisse au Festival Visions du Réel en 2007.

Réalisation :

Réalisation : Pierre-Yves Borgeaud – Scénario : Emmanuel Gétaz et Pierre-Yves Borgeaud – Directeur de la photographie : Camille Cottagnoud – Compositeurs : Moncef Genoud et Youssou N’Dour – Monteur : Daniel Gibel – Monteur son : Eric François – Mixage : Bernard Amaudruz – Ingénieur du son : Carlo Thoss. Directeur de production : Jesus Gonzalez-Elvira. Distribué par Hévadis Films.

Interprétation : Le chanteur Youssou N’Dour – le pianiste Moncef Genoud – le batteur Idris Muhammad – le contrebassiste James Cammack – la vocaliste Pyeng Threadgill – l’harmoniciste Grégoire Maret – le trompettiste Ernie Hammes - le guitariste Wolfgang Muthspiel et le groupe de gospel de W. Michael Jr. et Andrew Turner.
Auteur :

Pierre-Yves Borgeaud est né en 1963 en Suisse. Musicien, autodidacte en cinéma et journaliste indépendant, il réalise dès 1998 des clips pour la maison de disques allemande ECM et tourne des documentaires musicaux. En 2003 sort son premier long-métrage de fiction IXième : journal d'un prisonnier qui obtient le Léopard d'Or Vidéo au Festival du film de Locarno. Réalisateur et vidéaste, il crée Momentum Production pour développer et produire ses propres projets qui ont notamment pour point commun de faire dialoguer les différentes formes d'expression artistique.

Résumé :

Youssou N’Dour, chanteur engagé, sénégalais descendant d’une famille de griots, connu sur la scène internationale de la musique africaine entreprend avec son ami Moncef Genoud, pianiste jazz aveugle, genevois d’origine tunisienne une quête humaine et musicale.
Leur but : remonter à la source de la musique africaine, partie de l’île de Gorée au large de Dakar avec les esclaves, vers l’Europe et les U.S.A et ramener cette musique sur le lieu de départ, teintée de jazz, avec les musiciens glanés sur le chemin. Avec la bénédiction de Joseph Ndiaye, conservateur du musée des esclaves Youssou va faire plus qu’un casting. A Atlanta, New Orleans et New York en passant par la Suisse et le Luxembourg nous assistons aux rencontres, aux enregistrements jusqu’au « retour » pour un spectacle chargé de sens devant le public de Gorée.

Analyse :

Bien plus qu’un documentaire musical sur l’évolution des styles afro-américains, blues, jazz et gospel, ce film est un manifeste intégrant l’histoire de l’esclavage et la réappropriation de l’identité africaine par la musique de la diaspora noire. En apprenant les paroles en langue wolof à la chanteuse new-yorkaise qui n’est jamais allée en Afrique, en mêlant les confessions chrétiennes et musulmanes au service de la seule musique, en tranchant avec le simple marché du show-business, Youssou ne rêve pas seulement d’un projet de spectacle devant les siens. Ce voyage est un pèlerinage à l’envers pour lui et, pour les hommes qu’il aborde, la restitution de leur africanité. New York devient un village où le chanteur, comme le veut la coutume, doit d’abord aller saluer les anciens, ici le poète musicien Le Roi Jones qui a laissé son nom d’emprunt et s’appelle aujourd’hui Amiri Baraka. Né en 1934, il est le dépositaire de l’esprit du « Black Power ». En une soirée nous voyons apparaître la tradition vivante du peuple noir, qui intègre tous les malheurs et toutes les luttes pour en faire une force spirituelle.
Dans l’obscurité du studio ou sous la lumière de l’île la communion des musiciens est émouvante. Le savant montage de ces rushes nous offre une belle expérience et le partage d’une magnifique humanité.

Arielle Domon