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Cinéma

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Ricky

France, 2008, 1h30

Réalisation : Réalisation et scénario : François Ozon - Image : Jeanne Lapoirie - Montage : Muriel Breton - Son :Brigitte Taillandier - Décors : Katia Wyszkop - Effets visuels : Pierre Buffin - Musique : Philippe Rombi - Production : Eurowide - Distribution: Le Pacte
Interprétation : Alexandra Lamy (Katie), Sergi Lopez (Paco) , Melusine Mayance (Lisa), Arthur Peyret (Ricky), André Wilms (le médecin)
Auteur :

Né en 1967, François Ozon, auteur talentueux, réalise dix films en 10 ans : de Regarde la mer (1997) à Angel (2007), en passant, entre autres, par Sous le sable (2000), Huit femmes (2002), Swimming pool (2003). Ricky vient d'être tout juste présenté au Festival de Berlin 2009 en Sélection Officielle.

Résumé :

Librement adaptée du roman «Moth» de Rose Tremain, il s'agit d'une histoire d'amour entre une femme ordinaire, Katie, et un homme ordinaire Paco, dans un monde urbain aussi très ordinaire. De cette union, très physique, naîtra un bébé extraordinaire : Ricky.

Analyse :

Je lis dans Positif (Nº576) la question suivante : Et si le cinéma seul savait au jour d'aujourd'hui proposer à notre monde, qui ne s'étonne plus de grand chose , le seul véritable exotisme : celui de l'imaginaire ?». Ozon nous livre ici l'exotisme (et le fantastique) au coeur d'une vie quotidienne très terne. Alexandra, qui vit seule avec sa petite fille (délicieuse), apparaît en pleurs dans le prologue du film. Une piste de l'histoire nous est offerte, mais ce n'est qu'une fausse piste, peut-être ? Alexandra demande au service social, d'être séparée de son enfant, car le père est parti. Puis, un grand flash-back : le film va prétendre raconter l'histoire, celle de la naissance d'un petit garçon, adorable (à quel âge commence maintenant le métier de comédien ?), issu de la rencontre avec Paco (Sergi Lopez, toujours inquiétant sous ses airs bonasses). L'enfant est si «exotique» qu'on se demande si le réalisateur ne fait pas le coup de Polanski dans Rosemary's baby. Chez une femme enceinte, quels sont les fantasmes qui naissent ? Ici, on est servi, effets visuels à l'appui ! Donc, résumons : une ouvrière d'usine rencontre un collègue, c'est le coup de foudre. Ils font immédiatement l'amour dans les toilettes. Lui, il va venir habiter chez elle, tant pis si Lisa, la petite fille d'une précédente liaison, n'a pas l'air enchantée. Suite d'ellipses, Alexandra accouche d'un garçon... Quelle jolie famille ! Mais le bonheur est très vite terni, car la mère voit d'étranges bleus sur le dos du bébé, et accuse son compagnon de le battre. Outré, il dégage ! Nous aussi, on voudrait aller voir ailleurs, mais nous restons car ce petit gosse va nous faire des tours extraordinaires, et puis il reste encore une heure de film !
Le fantastique de ce film n'est pas convaincant (pour moi). Il y a peut-être une figure allégorique chez le bébé. Quand il disparaît, n'est-ce pas pour que le père reste avec la mère, et fasse donc perdurer la famille, dans ce monde si inhumain ? énigmatique, le film nous perd en conjectures. Ce «fantastique» n'engendre que très peu la poésie et le rêve.

Alain Le Goanvic