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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Selon Charlie

France – 2H10
(Sélection Officielle Cannes 2006)

Réalisation : Mise en scène: Nicole Garcia ; Scénario et dialogues : Nicole Garcia, Jacques Fieschi, Frédéric Belier Garcia ; Images : Stéphane Fontaine ; Montage :Emmanuelle Castro ; Son : Jean Pierre Duret , Nicolas Moreau, Jean Pierre Laforce ; Production : Les Productions du Trésor
Interprétation : Jean Pierre Bacri (Bertagnat) - Vincent Lindon (Serge) – Benoît Magimel (Pierre )- Benoît Poelvoorde (Joss) – Patrich Pineau (Mathieu) - Ferdinand Martin ((Charlie) - Arnaud Valois (Adrien) – Minna Haapkyla (Nora) – Sophie Cattani (Séverine)
Auteur :

Actrice et réalisatrice Nicole Garcia a réalisé quatre films avant celui-ci : « Un week-end sur deux »(1990) ; « Le fils préféré » (1994) ; « Place Vendôme »(1998) ; « L’adversaire »(2002)

Résumé :

Une ville sur la côte atlantique. Six hommes, en quête d’eux mêmes et un petit garçon, à sa manière aussi en recherche de lui même, se croisent. Certains se connaissent, d’autres non. Tous vont vivre un moment de vérité, en affrontant une crise personnelle.

Analyse :

Comédie de mœurs, Short cut à la française ? C’est surtout le film d’une femme, et nous aimons suffisamment Nicole Garcia pour apprécier sa sensibilité et sa finesse, montrées dans ses précédents films (surtout le "Le fils préféré" et "L’adversaire"). Il y a un début prometteur, au caractère dramatique : nous sommes dans un univers polaire, où des hommes vivent ensemble et deux d’entre eux (Pierre et Mathieu) s’affrontent dans le blizzard. On comprendra plus tard que ce sont des chercheurs, qui ont découvert les restes d’un homme préhistorique. Nicole Garcia a déclaré « s’être passionnée pour l’énigme de leur relation » , mais ce sujet n’a pas pris la place principale dans l’intrigue, préférant que ce « duo initial (ne soit) qu’une des figures du scénario ». Effectivement, l’histoire de Pierre et Mathieu (qui ont abandonné une ambition commune dont ils avaient rêvé), se place dans une mosaïque de plusieurs histoires. Et c’est là que le bât blesse, car ces histoires du mari volage et paumé (Serge), du maire de la ville désabusé mais amant d’une jeune femme (Bertagnat), du voleur fantasque en libération conditionnelle (Joss), du jeune tennisman qui ne sait pas où il habite (Adrien) ne sont pas forcément aussi intéressantes ! La construction même du scénario a quelque chose de déséquilibré, car si la vie de ces hommes en crise se déroule sous le regard du jeune Charlie, on ne voit pas quel serait le sens de tout cela. Le titre est bien « Selon Charlie » mais le rôle du regard de l’enfant n’est patent que pour la vie de son père, Serge, et de Pierre, dont la femme est la maîtresse de Serge ! Les autres personnages ne sont pas vraiment sous le regard de Charlie… même si ce jeune garçon nous touche par sa pureté et sa fragilité. La mosaïque des histoires n’est pas mise en cause, mais le film rate ce qu’on croyait être son propos !
Sur le plan de la forme, l’usage un peu pompeux de la musique, le peu d’expressivité des personnages, le montage parallèle (c’était inévitable) ne font qu’accentuer le manque de consistance de la finalité du récit. C’est dommage, car il y a quelques vraies bonnes idées.

Alain Le Goanvic