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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Separate lies

Angleterre 2005

Réalisation : Réalisation : Julian Fellowes ; Scénario : Julian Fellowes d'après le roman de Nigel Balchin
Interprétation : Tom Wilkinson (James), Emily Watson (Anne), Rupert Everett (Bill), Linda Bassett (Maggie)
Auteur :

Julian Fellowes a 57 ans. Il nous livre ici son premier long métrage après avoir été successivement acteur, producteur, scénariste. Il a obtenu un oscar en 2001 pour son scénario de "Gosford Park". Depuis il a publié un roman ("Snobs"), animé une émission de télévision, écrit le livret d'une comédie musicale...  Après avoir croqué avec férocité les aristocrates dans "Gosford Park", il s'intéresse maintenant à la bourgeoisie et à son souci des apparences.

Résumé :

Un cycliste est renversé par un chauffard qui prend la fuite. C'est le mari de Maggie, la domestique de James et Anne. Sa mort va introduire dans la vie lisse et bien réglée de ce couple une fracture imprévisible. James croit connaître le coupable et souhaite le pousser à se dénoncer mais c'est un autre coupable qu'il va découvrir. Cette découverte va bouleverser sa vie personnelle et sa vie de couple.

Analyse :

On pourrait croire au début de ce film qu'il va s'agir d'une enquête policière qui provoquera en même temps une réflexion sur la responsabilité et le sentiment de culpabilité. Certes ces éléments sont bien présents et occupent toute la première partie du film. Mais cela ne se résumera pas à cela. L'affaire policière va se doubler d'une tragédie sentimentale. Qu'en est-il de ce qui unit ou unissait James et Anne ? Leur vie si bien réglée dissimulait un malaise chez Anne, cherchant sans cesse à être à la hauteur des attentes de James, sans avoir suffisamment le sentiment d'y parvenir. Et c'est ce qui la pousse à prendre un amant qui au moins, lui, n'attendra rien d'elle. La découverte par James de son infortune nous le fait apparaître d'abord soucieux de sauver les apparences puis capable progressivement de percevoir la détresse de sa femme. Il parviendra même à l'autoriser à retourner auprès de son amant mourant, sensible à la qualité d'attachement qu'elle lui manifeste.
Il est question de pardon dans ce film, avec la reconnaissance par James de sa propre participation à ce qui lui arrive. Avec aussi le sentiment qu'on ne peut pas tout comprendre des actes d'autrui. Le pardon est présent aussi dans le personnage de Maggie, la domestique dont le mari a été tué lors de l'accident. Elle voue à sa maîtresse une reconnaissance sans bornes de l'avoir embauchée alors même qu'elle savait qu'elle avait été renvoyée pour vol d'une place précédente. Ce faisant elle l'a restituée dans l'estime de soi et cela dépasse tout le reste.
Ce film fait de beaucoup de dialogues nous laisse tout de même jouir de paysages de la campagne anglaise. Il est servi par des acteurs très convaincants, même si Rupert Everett semble un peu raide.

Maguy Chailley