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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Slumdog Millionaire

Américain Britannique, 2009, 2H

Réalisation : Danny Boyle - Co-réalisatrice : Loveleen Tandan - Scénario : Simon Beaufoy (d'après l'oeuvre de Wikas Swarup) - Montage : Chris Dickens - Son : Ian Tapp - Image : Anthony Dod Mantle - Décor : Marc Digby - Musique : A.R Rahman - Production : Film4.
Interprétation : Dev Patel (Jamal Malik) - Mia Drake (Adèle) - Freida Pinto (Latika) - Madhur Mittal (Salim) - Anil Kapoor (Prem Kumar) - Irfan Khan (l'inspecteur de police)
Auteur :

Danny Boyle est né en 1956 à Manchester en Angleterre. Il commence sa carrière au théâtre, à la «Join Stock Theatre Compagny» jusqu'en 1982. Il réalise son premier long métrage de cinéma en 1994 avec «Petits meurtres entre amis». En 1996, son film «Trainpotting» sur la thématique de la jeunesse et la drogue apporte un gros coup de projecteur sur son talent. Ce fil devient la référence d'une génération.

Résumé :

Jamal Malik, orphelin des bidonvilles de Mumbai, est soupçonné de tricherie au jeu indien «Qui veut gagner des Millions ?», alors qu'il est sur le point de remporter 20 millions de Roupies s'il répond à l'ultime question. A travers son interrogatoire et son réquisitoire à l'inspecteur de police, nous revenons sur des moments importants de sa vie, celle de son frère Salim et de Latika son amour de jeunesse...

Analyse :

Ce film comporte deux éléments particulièrement frappants. D'une part le rythme : très saccadé et soutenu qui est le symbole des respirations et de la mémorisation des évènements de l'enfance de Jamal. Ce rythme aspire le spectateur et déconstruit la durée du film. Chaque plan est un événement et nous plonge dans une tension de bout en bout. D'autre part l'originalité du scénario : un jeu télévisé populaire nous transporte dans la vie d'un jeune indien (Jamal) des bidonvilles de Mumbai. Chaque question du jeu fait l'objet d'un flash-back qui retrace l'enfance et l'adolescence du jeune Jamal. Le réalisateur nous dit qu'il s'intéresse, dans ses films, au milieu urbain. Slumdog Millionaire n'y échappe pas, bien au contraire ; Beaucoup d'images du film s'inscrivent telles des photographies et des radioscopies des lieux de vie de Jamal. Autant de photos qui resteront gravée dans sa mémoire et qui lui permettront de briller à ce jeu. Jamal, Salim (son frère) et Latika, nos trois héros témoignent d'un inflexible désir de vie face à l'adversité. Leur lucidité et leur maturité d'enfant questionne. Ce statut d'orphelin urbain aiguise leur instinct de survie, de débrouille et paradoxalement leur liberté. Une liberté de déplacement où chacun développe une attention particulière au présent et saisit au bon moment les hasards des rencontres de la vie. Mais une liberté relative, car leur survie dépend souvent de rencontres malheureuses, notamment lorsque ils sont récupérés dans une déchèterie par un individu aux pratiques scandaleuses (il mutile les enfants des rues pour une mendicité plus efficace). Et malgré tout un film teinté d'espoir marqué par la volonté d'amour que Jamal témoigne à Latika, son courage face au quotidien quelque peu misérable et sa détermination à réussir et construire une vie meilleure.
Ce film que certains considèrent comme très conventionnel et hollywoodien, rapporte un récit cohérent, engagé et pose un certain nombre de questions importantes : Comment survivre dans un cloisonnement social et urbain ? Quelles sont les conséquences de l'argent ? Et comment se bâtir un système de valeur face à la misère et l'injustice ?

Hervé Malfuson